Le 21 avril 2017, à 20h45 conférence de Dominique Lambert de La Douasnerie à Paris (Centre Bergère, 9, rue bergère - Paris IX), sur le thème: Le général Bonchamps. Sa vie et sa grâce aux prisonniers républicains. Entrée libre.

dimanche 24 février 2013

Les vitraux vendéens, par François Hélie de La Harie

François Hélie de La Harie a une passion pour les vitraux vendéens. Après avoir écumé la Vendée Militaire en tout sens, il en a conçu un exposé pour faire découvrir au travers de conférences cet élément de patrimoine original et unique. Et pour en garder le souvenir, il propose aujourd'hui une brochure en couleurs sur ce sujet. 


Disséminés sur les quatre départements de la Vendée Militaire (Maine-et-Loire, Vendée, Loire-Atlantique et Deux-Sèvres), les vitraux vendéens apportent une illustration très diversifiée de la Grande Guerre de 93 : scènes de batailles, portraits des chefs vendéens, hommages aux martyrs de 1793-1794, éléments symboliques comme le Sacré-Cœur, le chapelet, la fleur de lys, etc. Ces représentations varient d’une église à l’autre, entre les grands ensembles comme Le Pin-en-Mauges, et les verrières plus modestes ; entre les réalisations figuratives de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, et celles plus modernes dans leur graphisme de l’après-guerre. 

La brochure de François Hélie de La Harie livre dans une première partie un inventaire exhaustif des vitraux vendéens, accompagné de renseignements sur leurs dates de création, les maîtres verriers, les donateurs, et les techniques de fabrication. Une seconde partie s’ouvre ensuite sur une histoire chronologique des Guerres de Vendée illustrée par ces vitraux. Si ces derniers ne peuvent être considérés comme une source pour les historiens, ils contribuent cependant, souvent avec précision, à la préservation de la mémoire vendéenne. 

Les vitraux vendéens, mémoire de lumière, par François Hélie de La Harie
40 pages, plus de 120 illustrations couleurs, 12 euros

La brochure Les vitraux vendéens, mémoire de lumière est disponible
à l’adresse suivante :
La Chouette de Vendée, La Gerbaudière 85140 Saint Martin des Noyers
Téléphone : 02.51.46.84.99 – Portable : 06.47.61.25.82
Courriel : lachouettedevendee@gmail.com

Les Nantais la trouveront également à la Librairie Dobrée,
14 rue Voltaire 44000 Nantes.

Prochaine conférence de François Hélie de La Harie à Luçon le lundi 4 mars 2013, à 20h30, dans la salle Obalski, Jardin Dumaine, rue de l'Hôtel de Ville.

samedi 23 février 2013

Chouan et espion du Roi, récits de la contre-Révolution

La Louve éditions vient de publier les mémoires de Michelot Moulin, un texte rare, essentiel pour l’histoire de la Chouannerie normande. Acteur des événements, du refus de la conscription de 1793 jusqu’aux Cent-Jours, ce combattant de modeste origine, devenu un proche de Louis de Frotté, livre un récit passionnant sur vingt années d’engagement en faveur de la cause royale.  
1793. La Convention décrète la levée en masse. L’Ouest se soulève. De nombreux paysans désertent alors l’armée de la République, prennent des armes de fortune et commencent à organiser la résistance à ceux qu’ils appellent les Bleus. Parmi ces hommes qui refusent de combattre pour la République et veulent rester fidèles au roi, se trouve Michel Moulin, fils d’artisan : il se révèle habile meneur d’hommes et fin connaisseur de son bocage natal. 

Rapidement, celui que ses compagnons d’armes surnomment Michelot devient l’homme de confiance de Louis de Frotté, le jeune général de l’Armée catholique et royale de Normandie. Dans un style alerte, Moulin décrit de l’intérieur l’organisation de la chouannerie, l’âpreté des combats et les délicates relations humaines au sein de ce monde clos. 

Louis de Frotté
Après l’exécution de Frotté, tandis qu’il tente de réintégrer la vie civile, il est rattrapé par son passé et emprisonné au fort de Joux, en Franche-Comté, d’où il s’évade dans des conditions rocambolesques. Fugitif, il parcourt ensuite l’Europe pour échapper à la police impériale, puis trouve refuge à Londres. Là, il découvre un autre monde, celui de l’émigration et de ses royalistes intransigeants. Et c’est à Londres que va commencer pour lui une nouvelle vie, celle d’espion au service du roi. Ainsi, envoyé en France pour préparer le retour des Bourbons, il livre un témoignage de première main sur les milieux interlopes des passeurs, des réseaux plus ou moins fiables, entre gendarmes, policiers et gardes-côtes. 

Le regard de Michelot Moulin est original à plusieurs titres : il est rare d’avoir, sur la guerre civile qui a ensanglanté les années 1790, le témoignage d’un homme sorti du rang ; il est également peu fréquent qu’un roturier, adhérant à la cause royaliste, nous livre ses impressions – parfois amères – sur le milieu de l’émigration ; il est enfin précieux d’avoir en un même récit, sur plus de vingt années, les différentes facettes de la contre-Révolution. 

« Passionnants mémoires de l’un des lieutenants de Frotté (dont il raconte la capture). Moulin remplit diverses missions en France et joua un rôle important dans le soulèvement des Cent-Jours. » (Jean Tulard) 

Agrégé d’Histoire, Stéphane Vautier est actuellement Inspecteur d’Académie, inspecteur pédagogique régional dans l’Ouest de la France. Ses recherches portent sur le contrôle social et sur les rapports entre la police, la justice et les sociétés dans la première moitié du XIXe siècle. 

Chouan et espion du roi, espion de la contre-Révolution, Les Mémoires de Michelot Moulin : des guerres de Normandie aux Cent-Jours (1793-1815), présentation et notes par Stéphane Vautier
La Louve éditions, 384 pages, 3 cartes, index onomastique et géographique, prix public 25 euros

Ecrire la Révolution, 1784-1795 – Lettres à Pauline

À l'heure où la plupart des grandes maisons d'édition parisiennes se contentent de publier des livres sur des thèmes éculés, des rééditions de vieux succès, des ouvrages purement commerciaux (commémorations diverses, textes sur des sujets d'actualité parfois rédigés en quinze jours...), ou des prix littéraires distribués dans une toute relative transparence, les perles de lecture sont désormais à dégotter chez les éditeurs indépendants. 

Nous avons trouvé l'une de ces perles : les lettres envoyées par Gaston de Lévis à sa femme Pauline, entre 1784 et 1795. Sur fond d'histoire d'amour entre un homme et une femme à la fin du XVIIIe siècle, c'est toute la Révolution française que cet ouvrage permet d'aborder sous un angle nouveau. Gaston de Lévis est d'abord un grand voyageur, qui chemine par les mauvaises routes de l'Empire allemand, rencontre le roi de Prusse Frédéric II, visite Prague, Moscou, Saint-Pétersbourg… Ça, c'était sa vie d'avant, d'avant le 14 juillet 1789, date à laquelle il implore sa femme : « Partez tout de suite, je le désire, je le veux. » 

Gaston de Lévis siège aux États Généraux, à la Constituante, puis à l'Assemblée législative. C'est un modéré, admirateur de la monarchie parlementaire anglaise, fervent partisan de Mirabeau et des réformes qu'il préconise, tout en redoutant les dérapages qu'il sent imminents : « Pauvre France. Quel malheur le peuple se prépare. » Gaston est de tous les coups durs, comme la défense des Tuileries le 20 juin 1792 (Louis XVI coiffé du bonnet phrygien), la canonnade de Valmy (20 septembre 1792) à laquelle il assiste du haut du célèbre moulin, l'expédition avortée sur Granville (1793), l'odyssée de Quiberon (1795) qui se solde par un bain de sang. Sans cesse tiraillé entre ses idées tolérantes (il est un vrai fils des Lumières), son amour pour sa patrie et sa fidélité à son roi et à son Dieu, il est finalement le jouet des événements et rejoint les rangs des émigrés. Lorsque les premiers symptômes de la Terreur se font ressentir, c'est à contrecœur que Gaston prend les armes contre la France… 

Ces « Lettres à Pauline », soigneusement annotées et présentées par Claudine Pailhès, sont le témoignage poignant de l'état d'esprit d'un homme profondément honnête, emporté dans l'un des plus irrésistibles tourbillons de l'Histoire de France. Pour notre bonheur, il est particulièrement prolixe et ne cache rien à sa femme. Grâce à lui, nous savons donc tout... ou presque ! À lire impérativement ! 

Écrire la Révolution, 1784-1795 – Lettres à Pauline, par Gaston de Lévis, correspondance présentée et annotée par Claudine Pailhès
La Louve éditions, 576 pages, 27 euros


Cet ouvrage a fait l'objet d'une présentation dans l'émission Historiquement Show, présentée par Michel Field sur la chaîne Histoire, le 10 février 2012. En voici la vidéo : 

jeudi 21 février 2013

Prochaine Veillée vendéenne à Nuaillé le 8 mars 2013

Organisée par l’association Vendée Militaire et animée par son président, Dominique Lambert, une Veillée vendéenne – la 198e du genre – aura lieu à Nuaillé, dans la salle Chouteau (près de l’église), le vendredi 8 mars prochain, à 20h30. L’entrée sera libre et gratuite

Le cénotaphe de La Rochejaquelein, sur la route de Nuaillé à Cholet
A l’aide des archives et de la tradition orale du village et des familles, Dominique Lambert fera découvrir ou redécouvrir l’histoire de cette localité pendant la Révolution et les Guerres de Vendée. Nuaillé est célèbre par la mort de « Monsieur Henri », Henri de La Rochejaquelein, le « généralissime de vingt ans ». Mais les simples batailleurs ne seront pas oubliés… 

Voici René Cogné, blessé au mois de juillet, « sur la route de Vihiers », soigné à Vezins, puis arrêté et mis à mort aux Ponts-de-Cé, le 29 décembre 1793. On évoquera les Chupin, Denis, Etienne Gourdon ; Michel Ragueneau, sous les armes à l’âge de 13 ans, et sa sœur massacrée en forêt de Vezins, etc.
 


À la fin de la Veillée, chacun pourra évoquer les traditions de sa famille et de son village. Le verre de l’amitié, offert par la municipalité, terminera la soirée. 

Renseignements auprès de l’association Vendée Militaire, 2 avenue de la Gare 49123 Ingrandes-sur-Loire. Téléphone : 02.41.39.25.36
Courriel : contact@vendeemilitaire.org

Plan d'accès :

Afficher Veillée vendéenne à Nuaillé sur une carte plus grande

vendredi 8 février 2013

Guillaume Faugaret, dernier commandant de la division du Pays de Retz

Le 5 octobre 2003, la Vendée Militaire célébrait la mémoire de Guillaume Faugaret, dernier commandant de la division de Retz. Jean-Pierre Vallée, organisateur de cet événement, retraça la vie de cette jeune figure de l’insurrection vendéenne dans son allocution prononcée au cimetière d’Arthon. En voici un extrait :  

Plaque posée par la Vendée Militaire sur la tombe de Guillaume Faugaret
Né à Pornic, le 14 janvier 1777, Guillaume Faugaret fut instruit par son oncle paternel, Jean-Baptiste Faugaret, le recteur d’Arthon. En 1793, il poursuivait ses études de médecine à Nantes, lorsqu’il apprit la mort de cet oncle, assassiné au tout début de l’insurrection par des gens de Bourgneuf-en-Retz (de Chéméré, selon Alfred Lallié). 

Révolté par les atrocités commises par les républicains à Nantes, Guillaume rejoignit les insurgés du Pays de Retz et se plaça sous les ordres de Guérin, de Saint-Hilaire-de-Chaléons, lequel devint, après la mort de La Cathelinière (2 mars 1794), le commandant de la division de Retz. Celle-ci marchait toujours en tête et était considérée comme la meilleure de l'armée de Charette. A 16 ans, Guillaume fut promu capitaine d’une compagnie d’élite. 

« Pendant les années 1793-1796, nous dit Joseph Rousse, son historien, il suivit le sort des insurgés, partageant leurs victoires et leurs défaites. Il était d’une activité, d’une intelligence et d’un courage tels qu’il exerçait sur ses soldats une influence extraordinaire… Il prit part à 104 combats. » 

La tombe de Guillaume Faugaret
Le 25 septembre 1795, lors de l’attaque du clocher de Saint-Cyr-en-Talmondais où s’était retranché un détachement républicain, Louis Guérin, commandant de la division de Retz est tué. Charette le pleura amèrement. A son retour au quartier-général de Belleville, il nomma Guillaume Faugaret, qui avait alors 18 ans, pour le remplacer, car il avait reconnu en lui un chef. Après des combats de plus en plus infructueux, Charette permit à ses derniers lieutenants et à leurs hommes de déposer les armes.

Couëtus, commandant de la division de Grand-Lieu, tenta alors des négociations avec le général républicain Gratien. Il alla avec Guillaume et un détachement de cavalerie s’entretenir avec cet officier dans la lande de Jouinos. A la suite de cette entrevue, alors que Guillaume allait en rendre compte à Charette, Couëtus, trop confiant, vint coucher au Clouzeau, chez l’un de ses amis, M. de Lespinay. En pleine nuit, il y fut saisi par des soldats républicains et traduit de suite devant une commission militaire qui le fit fusiller. 

Après la proclamation de paix du général Hoche, le 15 janvier 1796, c’est probablement le 3 février suivant que Guillaume fit sa soumission, en même temps que les hommes d’Arthon et de Chauvé. Il ne resta pas à Arthon afin d’échapper à la surveillance républicaine, mais s’engagea sur le corsaire La Constance comme capitaine des volontaires.

Malheureusement le navire fut pris par les Anglais et Guillaume se trouva prisonnier à Portsmouth. En raison de son grade d’officier, il fut bien traité et ne connut pas l’horreur des pontons britanniques.

Signature de Guillaume Faugaret
Libre sur parole dans la ville, il fut chargé de la comptabilité des secours envoyés de France aux prisonniers. Guillaume retrouva la liberté à Cherbourg, où le conduisit le navire parlementaire anglais Le Cygnet, le 14 décembre 1801. Le 30 décembre suivant, il était de retour à Arthon, où il se mit, à l’âge de 25 ans, à faire le commerce des grains. 

En 1814, Guillaume signe, comme chef de division, l’adresse à Louis XVIII des officiers des armées catholiques et royales de la Vendée, présidés par le général de Sapinaud. En remerciement de ses services, le roi lui décerna la croix de chevalier de Saint-Louis. 

De 1813 à 1851, Guillaume fut pendant 38 ans le maire de la commune d’Arthon, jusqu’à sa mort survenue à l’âge de 74 ans, le 18 avril 1851.

Article extrait de la revue Savoir n°66, octobre 2003, pp. 46-49 (illustration ci-contre, revue en vente au prix de 10 euros, port compris, auprès de l'association Vendée Militaire, 2 avenue de la Gare 49123 Ingrandes-sur-Loire)