Le 24 juin 2017. Journée vendéenne à Saint-Pierre-Montimart. Pose de plaque commémorative, à la mémoire de la famille d'Armaillé décimée pendant les guerres de Vendée, sur la croix de La Menantière, relevée par la Vendée Militaire.... Journée ouverte à tous. Renseignements :02.41.39.25.36

Ephémérides



- Cinquième fusillade au Champ-des-Martyrs (voyez les éphémérides du 20 janvier)

- A Angers, place du Ralliement, on guillotine Pierre Bonneau, marchand de fer; Pierre Gasté, frère Récollet de Nantes, devenu marchand de fil au Plessis-Grammoire.

- Sur l'ordre de Turreau, les colonnes infernales se mettent en marche. L'état-major général s'installe à Cholet, ainsi que la cavalerie. Les "brûlements", les "pilleries", les massacres commencent : dans la région de Vihiers; à Concourson, le village de Vaillé; aux Cerqueux-sous-Passavant, Cernusson, à Montilliers...  On pille, on massacre aussi, à La Tessoualle, à Maulévrier et dans les environs; à Etusson, au Pin (près de Bressuire), Saint-Aubin-du-Plain...

La colonne de Turreau quitte Doué et s'installe au Coudray-Montbault.

21 janvier 1793 : Ils ont osé

Exécution de Louis XVI

- Cléry raconte : "J'entendis sonner cinq heures et j'allumai le feu : au bruit que je fis le roi s'éveilla et me dit, en tirant son rideau :

- Cinq heures sont-elles sonnées ?
- Sire elles le sont à plusieurs horloges, mais pas encore à la pendule."

Louis XVI montant à l'échafaud
A cinq heures le roi se lève et fait sa toilette. Puis il entendra la messe, célébrée par l'abbé de Firmont, à genoux par terre, sans prie-Dieu ni coussin. Il communiera.

A neuf heures, Santerre, accompagné de "sept à huit municipaux", et de dix gendarmes, arrive au Temple. C'est en voiture (verte) et en silence, que Louis XVI gagnera le lieu du supplice, accompagné de son confesseur et de deux officiers de gendarmerie. Le cortège avança par les boulevards, vers la place de la Révolution où il arriva à dix heures un quart. Louis XVI tentera de dire quelques paroles à son peuple, mais les roulements de tambours étoufferont ses propos. La tête du roi roulera dans le panier à dix heures et vingt-deux minutes. "Fils de Saint Louis montez au Ciel", aurait-dit l'abbé de Firmont. Nous évoquerons plus longuement dans une autre chronique la mort de ce roi très chrétien dont nous n'avons pas fini de payer les conséquences.

Requiem de Luigi Cherubini pour Louis XVI

Le Roi est mort, Vive le Roi !

- Lundi 20 janvier 1794 – Froid très vif. Au Champ-des-Martyrs, quatrième fusillade : 408 victimes, soit 108 hommes et 300 femmes. Les noms des personnes tuées ce jour-là sont mélangées avec ceux des femmes et des hommes qui tombèrent le lendemain, mardi 21 janvier. Citons Pierre Baranger, 31 ans, laboureur à Faye; François Poissonneau, 18 ans, laboureur, de Chalonnes-sur-Loire; Julien Poissonneau, 33 ans, taillandier de Neuvy; Louis Uzureau, 27 ans, tisserand de La Poitevinière; Michel Uzureau, 25 ans, tisserand de La Poitevinière; Jean Uzureau, 34 ans, tisserand de Maulévrier; Jacques Uzureau, 63 ans, métayer de La Pommeraye, etc. Aucune victime, à ma connaissance, des fusillades des 20 et 21 janvier ne fut béatifiée le 19 février 1984.

- Même jour- relevons ce petit écho : A Montfaucon, naissance dans des conditions tragiques de Louis-Arsène Hervé.
 
- Cordellier-Delanoue, chef d'une colonne infernale, arrive à Brissac où il retrouve Crouzat.

- François Claveleau, charron à Cholet, condamné à mort par la Commission militaire à Angers, pour avoir assisté à la destruction de l'arbre de la liberté à Cholet, et "en avoir fait un timon de charette, après en avoir donné vingt sous pour le conduire chez lui." (L. Prudhomme, Dictionnaire des individus envoyés à la mort judiciairement, révolutionnairement et contre-révolutionnairement pendant la Révolution..., t.II, Paris, 1796, p.320; Vendée Historique, 1906, col. 266)


N'oubliez pas, n'oubliez jamais !
Il y a 221 ans – Procès de Louis XVI.

Samedi 19 janvier 1793 

– Température : 2° au-dessous de zéro la nuit. Vent-Nord-Est. "Il a gelé assez fort, mais le vent de bise qui coupait le visage hier et avant-hier s'est apaisé aujourd'hui; il (...) fait plus doux, le ciel sans nuage" (Guittard de Floriban). – Au temple, à neuf heures, le municipal Gobeau, entre un papier à la main; Mathey, concierge de la tour, l'accompagne et porte une écritoire. Gobeau déclare au Roi qu'il a ordre d'inventorier les meubles et autres effets. Louis XVI laisse Cléry avec les deux visiteurs et se retire dans sa chambre.
- Dimanche 19 janvier 1794 – A Nantes on fusille 207 vendéens et 300 autres sont noyés.
Dimanche 20 janvier 1793 

Le Temple
 – Température : 3° au-dessus de zéro. Vent Nord-Ouest. Il dégèle un peu. Louis XVI continue la lecture de Charles 1er. A deux heures "douze à quinze" personnes se présentent à la fois : Dominique-Joseph Garat (1749-1833), alors ministre de la Justice (il avait succédé à Danton, le 9 octobre 1792); Pierre-Marie-Henri Lebrun-Tondu (autrefois... l'abbé Tondu), ministre des Affaires étrangères (guillotiné le 27 décembre 1793); Philippe-Antoine Grouvelle (1756-1806), secrétaire du Conseil; Hébert – le Père Duchesne! – était aussi là, etc. Garat, le chapeau sur la tête, mais, paraît-il, très ému, déclara au Roi : "Louis, la Convention nationale a chargé le Conseil exécutif provisoire de vous signifier ses décrets des 15, 16, 17, 19 et 20 janvier 1793"... C'est Grouvelle qui fit la lecture de cet abominable décret: Article 1 : "La Convention nationale déclare Louis Capet, dernier roi des François, coupable de conspiration contre la liberté de la nation et d'attentat contre la sûreté générale de l'État". Article 2 : "La Convention nationale arrête que Louis Capet subira la peine de mort". L'article 3 prévoyait que l'exécution de ce décret aurait lieu dans les vingt-quatre heures à compter de sa notification". La lecture de ce texte laisse impassible Louis XVI. Louis XVI lisant son testament

Cléry
Louis XVI lisant son testament
à l'abbé de Firmont
Le Roi demanda "un délai de trois jours pour pouvoir (se) préparer à paraître devant Dieu". On sait que cette requête lui fut refusée. Il demanda aussi la présence auprès de lui de l'abbé Edgewoth de Firmont (rue du Bac, n°483), ce qui lui fut accordé. Ce prêtre, bien entendu réfractaire au serment, arriva au Temple vers cinq heures et demie du soir. Louis XVI le reçut dans son cabinet. Il lui fit la lecture – par deux fois – de son testament rédigé au Temple le 25 décembre 1793. Puis il lui posa des questions sur le clergé et la situation de l'Église de France. A huit heures un municipal annonce que sa famille allait descendre. Celle-ci fit son entrée dans les appartements du Roi. Celui-ci reçut la reine, tenant le dauphin par la main, Marie-Thérèse, sa fille, et Madame Elisabeth, sœur du roi. Tous se précipitèrent dans les bras de Louis XVI. Instant de grande émotion qui se déroula dans la salle à manger. Enfin, le roi, s'assoit, la reine se place à sa gauche, Madame Elisabeth, Marie-Thérèse presque en face, le dauphin reste debout entre les jambes de son père. Ce fut une scène de douleur qui dura "sept quarts d'heure". Madame Royale écrira plus tard : "Mon père, au moment de se séparer de nous pour jamais nous fit promettre de ne jamais songer à venger sa mort". A son fils, alors sur ses genoux, il dit : "Mon fils vous avez entendu ce que je viens de dire; mais comme le serment a encore quelque chose de plus sacré que les paroles, jurez en levant la main que vous accomplirez la dernière volonté de votre père". L'enfant fit ce que demandait son père.
Testament de Louis XVI
Testament de Louis XVI
Testament de Louis XVI
Testament de Louis XVI
Dix heures quinze : Louis se lève le premier et tous le suivent. La reine, le dauphin, Marie-Thérèse, poussaient des gémissements les plus douloureux. Louis XVI promit de les revoir le lendemain à huit heures... "Pourquoi pas à sept ?" demanda la reine. "Eh bien oui à sept heures, répond le roi, adieu". Et le roi rentre dans sa chambre, puis rejoint, dans son cabinet l'abbé de Firmont. Avant de se coucher, le roi demande à Cléry de le réveiller à cinq heures...
A peine Louis XVI est-il couché, qu'un sommeil profond s'empare de lui. A côté de lui, Cléry passe la nuit dans une chaise.


- Vendredi 17 janvier 1794

A Angers on guillotine : François Aubey, natif de Condé-sur-Noireau (Manche), caissier des mines de Montrelais; Etienne Misset, né à Sedan, inspecteur des mines de France et directeur de celles de Montrelais; Pierre Petiteau, né à Varades, ci-devant vicaire d'Auvernay, district de Chateaubriant, non assermenté. A Nantes on fusille 97 vendéens tous executés aux carrières de Gigant. A Noirmoutier on fusille Mme d'Elbée et Mme Mourin de l'Herbaudière.

Ordre du jour du général Tureau, donnant l'itinéraire de la "promenade" des douze "colonnes infernales".  Turreau précisait: "On emploiera tous les moyens de découvrir les rebelles, tous seront passés au fils de la baïonnette; les villages, métairies, bois, landes, genêts et généralement tout ce qui peut être brûlé, sera livré aux flammes...", etc.

Nantes, Gigant.
Monument commémoratif
des fusillades de 1794.
Champ-des-Martyrs – troisième fusillade 250 victimes, dont 80 femmes environ, parmi lesquelles : Marie Deniau, femme de François Gaultier, homme de loi, 42 ans, de la Chapelle-du-Genêt, belle-mère de Louis Lhuillier, officier vendéen; Victoire Gusteau, née à Fontenay-le-Comte en 1743, béatifiée le 19 février 1984; Charlotte Lucas, fille d'un marchand sellier, née à Chalonnes-sur-Loire le 1er avril 1752, y résidant, maîtresse d'école, et chargée du soin des malades. Béatifiée le 19 février 1984. Marie Pichery, née à Chalonnes, le 30 juillet 1754, veuve de Bertrand Delahaye, tonnelier, béatifiée le 19 février 1984. Monique Pichery, sœur de la précédente, née le 4 avril 1762, béatifiée le 19 février 1984. Le père des sœurs Pichery était tonnelier. Félicité Pricet, née vers 1745 à Châtillon-sur-Sèvre, y résidant, béatifiée le 19 février 1984.

A Nantes - On fusille 57 hommes à Gigant.





- Samedi 18 janvier 1794
 – Réunion des généraux républicains commandant les colonnes infernales. Tureau leur fait connaître leur ordre de marche.


Procès de Louis XVI

- Jeudi 17 janvier 1793

Le temps : le vent vient du nord. Il gèle. Temps couvert toute la journée (Journal de Guittard de Floriban). Dans la matinée Louis XVI est condamné à mort.

- Vendredi 18 janvier 1793 - Il gèle très fort (Guittard de Floriban).

Après le comptage, les résultats du vote donnent :

- Pour la mort sans condition : 387
- Pour la mort conditionnelle ou la détention ou le bannissement : 334
-Absents et non votant : 28

- Total : 749


Un aspect de la salle de la Convention nationale,
lors de la comparution de Louis XVI,
le mardi 11 décembre 1792.
- Les trois avocats du roi – François-Denis Tronchet (1726-1806), Malesherbes (1721- guillotiné le 22 avril 1794), R. de Sèze (1748-1828) – se rendent au Temple pour informer le roi du résultat du vote. Scène poignante. Beauchesne raconte : "Malesherbes ne peut contenir sa douleur; il se jeta aux pieds du roi, et, suffoqué par les sanglots, il resta plusieurs instants sans pouvoir parler. Louis XVI le releva et le serra dans ses bras avec effusion : "Je m'attendais à ce que vos larmes m'apprennent; remettez-vous donc, mon cher Malesherbes. Tant mieux, oui, mieux vaut sortir enfin d'incertitude ! Si vous m'aimez, loin de vous attrister, ne m'enviez pas le seul asile qu'il me reste". A la demande de ses avocats, Louis XVI accepta d'écrire de sa main et de signer une déclaration dont voici un extrait : "Je dois à mon honneur, je dois à ma famille de ne point souscrire à un jugement qui m'inculpe d'un crime que je ne puis me reprocher. En conséquence, je déclare que j'interjette appel à la nation elle-même du jugement de ses représentants..."


- Jeudi 16 janvier 1794
A Angers on guillotine Joseph Garnier, né à Angers, tisserand.

- Mercredi 15 janvier 1794
- Deuxième fusillade au Champ-des-Martyrs. 42 hommes venaient de la Prison nationale (au bas de l'ancienne place des Halles, aujourd'hui place Louis-Imbach). Nous ignorons les noms des hommes venant de la Citadelle (le château d'Angers). Nous ne connaissons pas non plus les noms des femmes fusillées ce jour-là. Certains historiens estiment à 300 le nombre des victimes de cette deuxième fusillade. Trois victimes étaient de Montrelais, trois autres de Somloire, Chemillé (les paroisses confondues). Deux étaient de Chambellay, et deux autres de Saint-Laurent-de-la-Plaine; une était de Chaudefonds, une autre de Gonnord, d'Angers, Montjean, du Pin-en-Mauges, du Mans, de Saint-Fulgent (Vendée, Jallais, Varades, Saint-Mathurin, etc.
- Mardi 15 janvier 1793
Louis XVI
– A Paris – il neige et fait très froid. Procès de Louis XVI. A l'issu des débats, les 749 députés sont appelés nominalement en commençant par le Gers, à deux questions :

   "Louis Capet est-il coupable de Conspiration contre la liberté publique et d'attentats contre la sûreté général de l'État, oui ou non?

   Le jugement de la Convention nationale contre Louis Capet sera t'il soumis à la ratification du peuple, oui ou non?"

   A la première question, 718 députés étant présents, 673 votent "oui", 32 font des déclarations diverses, 3 ne répondent pas et 10 se récusent ou s'abstiennent. A la seconde question, 721 députés sont présents, 286 se prononcent pour le "oui", 423 votent "non", et douze se récusent ou s'abstiennent.

D.L.
- 13 et 14 janvier 1794
   Les corps administratifs d'Angers envoient 1200 charrettes dans le bocage pour en enlever le blé, le vin, le linge et les ustensiles de toutes espèces.

- 14 janvier 1794 
  Dominique-Alexandre Jaudonnet de Laugrenière, chevalier, seigneur de Grenoillon ou Grenouillon (que sa famille possédait depuis 1692), à Moutiers-sous-Argenton, près d'Argenton-Château, est guillotiné à Nantes. D.A. Jaudonnet de Laugrenière avait été capitaine de dragons et ci-devant mousquetaire de la 1ère compagnie servant à la garde du roi. Il avait épousé Marie-Perrine-Renée de Méric de Fraissinet qui lui laissa deux enfants : Dominique-Claude, baptiésé le 25 novembre 1784, et Alexandre-Luc-Pierre, baptisé le 7 mars 1786.

   D.A. Joudonnet de Laugrenière accepta les idées nouvelles - comme tout le monde - et se porta même acquéreur de biens nationaux de 1ère origine (biens du clergé) en 1791, ce qui lui valut quelques inimitiés de la part de certains habitants de Moutiers... Au début de l'insurrection, les habitants de Moutiers le menaçèrent de lui faire un mauvais parti s'il ne se mettait à leur tête. Il commanda la division d'Argenton-Château. Participa à la campagne d'outre-Loire, et se livra volontairement aux républicains à Savenay. Pour sauver sa tête, il écrira même aux représentants du peuple près les armées réunies contre les rebelles de la Vendée : "Je vous fais le serment le plus sacré d'être fidèle au gouvernement républicain et de faire, dans les circonstances présentes, tout ce qui dépendra de moi pour vous convaincre de mes sentiments républicains". Peine perdue... Le Rapport qu'il envoya aux républicains contient des renseignements du plus haut intérêt sur les armées vendéennes. Il a été publié en partie par Ch-L. Chassin, La préparation de la guerre de Vendée, III, 433 à 437 ; voyez aussi S.V., 96, pp. 26 à 31).

   D'après la marquise de La Rochejaquelein, D.A. de Laugrenière, "condamné à mort, ne demanda que le temps de dîner, ce qu'il fit avec excès, prétendant qu'il n'avait pas d'indigestion à craindre". Sur ce personnage, voyez encore : Gustave Michaud le t.XIX de sa série Au pays Argentonnais : Moutiers (Le Moustier de Saint-Ruffin) 2ème ed., Angers, 1937, pp. 34 et 35, pp.46 et 47.

   Son fils Dominique-Claude revint à Grenouillon après la guerre. Il épousa, le 3 prairial an X, Jeanne-Geneviève Roy, fille d'un de ses fermiers, et en eut deux enfants, André et Marie. Il mourut le 12 juin 1819. Il possédait quelques biens dnas la région de Thouarcé.

   La famille Jaudonnet de Laugrenière, portait d'Azur à un chevron d'or, accompagné de trois têtes d'aigle arrachées d'argent, deux en chef et une en pointe. On lui donne aussi d'azur à trois têtes de coqs armés, crêtés et becqués de gueules.

D.L.
- Dimanche 12 janvier 1794
Une fusillade au Champ-des-Martyrs
Première fusillade au Champ-des-Martyrs (aujourd'hui sur le territoire d'Avrillé, près d'Angers) : 105 personnes. Parmi lesquelles, Antoine Fournier. Né à La Poitevinière le 26 janvier 1736. En 1753 - l'année de la naissance de Stofflet - il exerce le métier de tisserand à Cholet. Il est arrêté en décembre 1793. Interrogé le 29 par le Comité révolutionnaire de cette même ville. On lui demande : "désaprouvez-vous la conduite de ces monstres de prêtres qui ont fait égorger nos frères?" Il répond : "Je ne crois pas que  les prêtres aient été capables de donner de mauvais conseils". On lui demande encore : "Vous êtes accusé d'avoir blâmé la conduite des républicains, en disant que l'on détruisait les croix de mission, etc?" Il répond courageusement : "Oui j'ai blâmé et je blâme la conduite de ceux qui jettent les croix de mission et profanent les vases sacrés".
On lui demande : "Vous souffrirez donc la mort pour la défense de votre religion" Réponse : "Oui". Sainte Vendée !

Une tombe du Champ-des-Martyrs
Le 1er janvier 1794, Antoine Fournier et 23 autres prisonniers furent envoyés à la Commission militaire à Angers. Interrogé le 8 janvier, il fut fusillé au Champ-des-Martyrs le 12 janvier. Béatifié le 12 février 1984. Son fils, Jean-Baptiste Fournier, vicaire à Saint-Christophe-du-Bois refusa le serment et fut déporté en Espagne. A son retour il reprit son poste à Saint-Christophe-du-Bois; nommé plus tard curé de Saint-Paul-du-Bois. Il devient curé du Voide le 1er août 1805, il y meurt le 16 septembre 1838. L'année précédente il avait donné sa démission de curé. Il eut pour successeur, son vicaire, le célèbre abbé Félix Deniau, historien des guerres de Vendée, à qui il avait donné les premiers éléments du latin.  

- 11 janvier 1794
- Le chevalier Jean-Baptiste de Beauvollier dit Valiot, aide de camp de Lescure, natif de Beuxe, est guillotiné à Angers.
Sainte Vendée
- Louis-Pierre Barat, né et baptisé à La Chapelle Saint-Florent, le 27 juin 1726. Prieur de Saint-Jean du Petit-Montrevault. Docteur en Théologie de l'Université d'Angers L'abbé Gruget disait de lui qu'il éait "l'un des prêtres les plus éclairés du diocèse". Professeur de Théologie, de 1762 à 1791. Curé d'Epiré (8/01/1762 au 1/02/1766). Membre de l'Académie des Sciences et Belles Lettres d'Angers, le 15/11/1769. Exerça plusieurs fonctions auprès du diocèse. Commissaire à la rédaction des cahiers de doléances du clergé. Refusa le serment. Interné au séminaire d'Angers le 17 juin 1792, puis à La Rossignolerie le 30 novembre de la même année. Délivré par les vendéens un an plus tard, le 17 juin 1793. Trouve refuge à Beaupréau puis à Cholet. Traverse la Loire avec l'armée vendéenne. Il est arrêté à Saint-Lambert-la-Potherie, le 5 décembre 1793. Il était déguisé en meunier, "portant sur lui les instruments du fanatisme" (Francastel, 6 décembre 1793). Comparait devant le Comité révolutionnaire le 7 janvier 1794, puis, le 11 devant la Commission militaire, qui le condamne à mort. Guillotiné le même jour, place du ralliement à trois heures du soir.
   Ses petits neveux possèdent toujours des livres de sa bibliothèque. Il était chanoine de Saint-Martin depuis le 2 août 1768.
Ce même jour, à Angers, on guillotine François Charon, laboureur du quartier Saint-Laud à Angers; Jean Bordet, laboureur également en Saint-Laud.
Après avoir été battu à Saint-Fulgent par Joba, Charette se retire dans la forêt de Grasla.
Arrestation de plusieurs hommes à Saint-Etienne de Corcoué. Ils sont massacrés à Legé (Deniau, 1ère ed., t.IV, pp.131 et 132).

- 10 janvier 1794

M. de Donissan,
gouverneur du Pays conquis
On fusille dans la Prée de Sainte-Gemmes-sur-Loire, notamment un abbé Blanvillain. A Angers on guillotine, à quatre heures du soir, Elisabeth-Agathe-Marie-Henriette Michel des Essarts, ci-devant noble, de Boismé; Jean-Joseph-Théodore Thomas, marchand de verre, natif de Petit-Bois-Saint-Denis, district de Vervins; Thomas Motais, métayer à La Grande Pommeraye, à Marans,; François-Alexandre-Philippe-Modeste Greslier, natif de La Chapelle-Thenier (Vendée), ci-devant noble et lieutenant au ci-devant corps royal d'artillerie coloniale.
Joseph-Guy Donnissan - père de Mme de Lescure, ne semble pas avoir été guillotiné à Angers le 10 janvier, mais le 8 (A.H., t.III, p.586). On sait que M. de Donissan était gouverneur du Pays conquis et qu'il avait été arrêté à Montrelais.

- 9 janvier 1794  
Charette s'empare de Saint-Fulgent et poursuit les bleus jusqu'aux Quatre-Chemins-de-L'Oie.
- 31 décembre 1793 :
- Les administrations siégeant à Vihiers, se replient au ci-devant château de Vaillé, paroisse de Nueil.
L. Prudhomme, Dictionnaire des individus envoyés 
à la mort judiciairement, 
révolutionnairement et contre-révolutionnairement 
pendant la Révolution, 
particulièrement sous le règne 
de la Convention nationale, Paris, 1796.
- En cette fin de décembre 1793, 3 ou 400 rescapés de l'outre-Loire s'installent dans le segréen. Premier noyau de la chouannerie angevine. Ainsi Ménard dit Sans-Peur et Hodé dit l'Extermine sont signalés dans la région de Marans de de Loiré.

- Des angevins se portent vers la "prée" de Sainte-Gemmes où les attendent un spectacle ahurissant. Des centaines de cadavres de Vendéens jonchent le sol.











- 30 décembre 1793 :
Les bleus se portent à Coron, puis à Chanteloup. Des Vendéens viennent de sortir de ce dernier bourg, "après avoir mis à mort dix à douze patriotes (...). Les rapports sur le nombres des insurgés varient depuis 300 jusqu'à mille ou douze cents".
 - Le général républicain Legros occupe Saint-Florent.

-  29 décembre 1793 :
- Des insurgés de retour d'outre-Loire paraissent en bande à La Plaine et à Somloire.
- Turreau, depuis longtemps déjà nommé au commandement en chef de l'armée de l'Ouest, arrive à Nantes...

- 28 décembre 1793 :

Le prince de Talmont
- On massacre aux Ponts-de-Cé.
- Rescapé de l'outre-Loire, le prince de Talmont qui se cachait dans la forêt du Pertre, se risque à sortir de son refuge pour se rendre dans une maison de Bazouges-du-Désert afin d'y recueillir des renseignements. Il y est arrêté par des gardes nationaux qui ignoraient son identité. Bientôt reconnu, il est transféré de Fougères à Rennes, de Rennes à Vitré et de Vitré à Laval.
- Le district de Vihiers ordonne d'arrêter : Mme Guéniveau et sa fille, de Saint-Lambert-du-Lattay. M. Guéniveau était membre du Comité royaliste de Saint-Lambert. Mme Dejoui et sa fille, femme et fille d'un membre du Comité royaliste de Saint-Lambert-du-Lattay. Le même district ordonne d'arrêter également Mme Banchereau, de Saint-Lambert.
- Continuation des fusillade dans la "prée" de Sainte-Gemmes.




- 27 décembre 1793 :
- Odieux massacre de plusieurs centaines de Vendéens dans la "prée" de Saint-Gemmes. Ces vendéens, "préalablement mis à nus", sont fusillés en bloc. Ceux qui, malgré les décharges à bout portant, donnent encore signe de vie sont achevés sur place. La plupart de ces victimes s'étaient rendus volontairement après la mi-septembre 1793, sur promesse d'amnistie. Avant leur exécution, ils avaient été emprisonnés dans la cathédrale d'Angers. Pour certains auteurs, ces fusillades eurent lieu pendant "huit jours de suite". Pour l'abbé Simon Gruget, curé de La Trinité d'Angers, les fusillades eurent lieu les 27, 28 et 29 décembre 1793. Au moins 1500 personnes furent fusillées dans la "prée" de Sainte-Gemmes. On sait que les cadavres d'une trentaine de ces Vendéens furent écorchés et leurs peaux tannées... Un certain Robin, témoin de toutes ces horreurs, raconta à Victor Godard-Faultrier (1810-1895), le 31 mai 1852 : "Je puis vous affirmer qu'ils étaient écorchés à mi-corps, parce que, continua-t-il, on coupait la peau au-dessous de la ceinture, puis le long de chacune des cuisses jusqu'à la cheville des pieds, de manière qu'après son enlèvement, le pantalon se trouvait en partie formé; il ne restait plus qu'à tanner et à coudre". Le 2 octobre 1859, une croix des Martyrs, une simple croix de bois fut élevée près de la prairie de Sainte-Gemmes en souvenir des massacre de décembre 1793. Cette croix fut remplacée par une croix de pierre qui fut inaugurée le 3 octobre 1869.

– 26 décembre 1793 :
Noyade de Nantes (gravure allemande)

* A Savenay, la Commission militaire condamne à mort 185 victimes.

* A Nantes, Carrier décide de noyer 1 200 personnes d'un seul coup. Un jacobin qui vient d'arriver à Nantes écrit : "Ici, on emploie une manière inusitée de nous débarrasser de la mauvaise engeance des brigands. On met tous ces coquins dans des bateaux qu'on fait ensuite couler à fond. On appelle cela envoyer au château d'eau". (faisant allusion aux château d'Aux dans le voisinage de Nantes), "en vérité si les brigands se sont plaints quelques fois de mourir de faim, ils ne pourront se plaindre qu'on les fasse mourir de soif". De l'humour noir – ou bleus! – sans doute...

 – 25 décembre 1793 :
* Pierre Allard fait sa soumission et dépose ses armes à sa municipalité de Thouarcé. Il est fusillé dans "la prée" de Sainte-Gemmes, près des Ponts-de-Cé.

* Venant du Mans, à la suite de l'armée républicaine, la Commission militaire s'installe à Savenay avant de se rendre à Nantes. Dès le 23 décembre, à Savenay, elle fait fusiller 288 traînards de l'armée royale. 

* Le 25 – en guise de joyeux Noël – la Commission fait fusiller à Savenay 188 victimes. Dans cette seconde hécatombe de nombreuses paroisses du pays insurgé sont représentées : huit victimes appartiennent à la ville de Cholet, six à celle de Chanteloup, quatre à la Chataigneraie, quatre des Herbiers, quatre de Saint-Georges de Montaigu, trois de Chambretaud, trois de Vezins, trois de Trémentines, etc.

* A la Convention : discours de Robespierre sur le gouvernement révolutionnaire. Il prononcera la deuxième partie de ce discours le 5 février. Malgré ses moyens expéditifs et sa forme dictatoriale, le gouvernement révolutionnaire était légitime, selon Maximilien, car son seul but était le salut du peuple. "Terrible aux méchants mais favorable aux bons". Il avait comme ressort la vertu appuyée sur la terreur, "la vertu sans laquelle la terreur est funeste, la terreur sans laquelle la vertu est impuissante." La terreur, tempérée par la vertu devenait donc un moyen de gouvernement.

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