Le 24 juin 2017. Journée vendéenne à Saint-Pierre-Montimart. Pose de plaque commémorative, à la mémoire de la famille d'Armaillé décimée pendant les guerres de Vendée, sur la croix de La Menantière, relevée par la Vendée Militaire.... Journée ouverte à tous. Renseignements :02.41.39.25.36

dimanche 30 avril 2017

« J’ai compté six coups de crosse »

Marie Boulestreau a survécu, le 25 janvier 1794, au massacre perpétué par des soldats républicains. Depuis 1968, la place du village porte son nom.

Face à l’église de Melay, la place Marie-Boulestreau a été ainsi nommée afin de rappeler le martyr de Marie Boulestreau, l’une des rescapées de la journée du 25 janvier 1794.

La place du village a reçu ce nom, début 1968, à la suite d’une demande du préfet, en vue du recensement de la population. « Les rues et places du bourg doivent être dénommées ». Lucien Thomas, alors adjoint avant de devenir maire de 1970 à 1977, s’est chargé du dossier.


En ce 25 janvier 1794, les soldats républicains ont jugé 56 personnes de la commune. 52 ont été massacrées, quatre en ont réchappé. Après avoir mis le feu à leurs maisons, les victimes sont conduites sur le lieu du supplice par les soldats d’une colonne infernale conduite par Cordelier. Une épouvantable décharge porte la mort dans le rang des innocents. « S’il en est qui respirent, qu’on les achève », crie l’officier qui commande le feu. Les soldats se ruent sur les corps qu’ils assomment à coups de crosse de fusil ou transpercent de leur sabre.


« Un éclat de crosse dans la tête »
Mais, à la faveur de la nuit, Marie Boulestreau a pu se traîner le long du bois de la cure jusqu’à la maison la plus proche. Elle reçoit les soins les plus urgents des mains de Jeanne Brunet qui lui arrache de la tête un éclat de l’arme avec lequel on l’a frappée. Marie Boulestreau survivra à ce massacre.

Elle livrera plus tard, après s’être remise de ses nombreuses blessures, un témoignage poignant du calvaire qu’elle a vécu : « Mon bourreau tira un coup de fusil. J’étais de dos et il visa au-dessus de ma tête. Je suis tombée comme si j’avais été réellement atteinte, face contre terre. Le soldat détourna mon corps pour me fouiller et me dépouiller. Voyant que je vivais, il me lança des coups de crosse en tous sens, et en particulier dans la tête. J’en ai compté six et au septième j’ai perdu connaissance. Après avoir retrouvé mes sens, j’ai marché sur mes pieds et mes mains, appelant à mon secours mes compagnes survivantes ».

Mariée à Jacques Turlais en décembre 1797


Marie Boulestreau est née au bourg de Melay le 6 juillet 1769, au domicile de Pierre Boulestreau et de Louise Jacob. Remise des blessures endurées lors de cette terrible du 25 janvier 1794, elle épousera, le 6 nivôse an VI (26 décembre 1797), au bourg de Melay, Jacques Turlais, né le 20 janvier 1766, fils de Pierre Turlais, tailleur au bourg et de Jeanne Langlais. Le couple aura de nombreux enfants. Deux de leurs fils sont devenus prêtres.


Jacques Turlais a combattu lors de la Guerre de Vendée. En septembre 1827, il adresse ce courrier au préfet. « Je ne reçois qu’une modeste pension de 100 francs. C’est bien peu pour un fidèle sujet qui a risqué sa vie au champ d’honneur. En avril 1793, j’ai été blessé à la jambe gauche par un coup de sabre, lors du Grand choc de Chemillé. J’ai reçu une autre blessure par balle à Coron au côté gauche. À 61 ans, je ne peux presque plus travailler ». Jacques Turlais décède le 30 mai 1830. Marie Boulestreau, son épouse, meurt à l’âge de 77 ans, le 21 avril 1846. 


Courrier de l'Ouest, 30 avril 2017

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