Le 21 avril 2017, à 20h45 conférence de Dominique Lambert de La Douasnerie à Paris (Centre Bergère, 9, rue bergère - Paris IX), sur le thème: Le général Bonchamps. Sa vie et sa grâce aux prisonniers républicains. Entrée libre.

mardi 28 janvier 2014

Notre ami Louis-Marie Angulo nous communique

Le 28 Janvier 1794 était assassiné traitreusement à Nuaillé Monsieur Henri, Henri de la Rochejaquelein !
Il avait 21 ans. … Je n’oublierai jamais cette journée « Vendéenne » qui lui fut consacrée.
C’était aussi le premier nom du Cercle Légitimiste quand je l’ai fondé en 1977.
Nous nous rappellerons Monsieur Henri et la Vendée lors d’une Messe que nous ferons célébrer très prochainement selon le Rit Extraordinaire.
Vive Louis XX
Louis ANGULO
Cercle Légitimiste des Pays de l’Adour

Christian Guibert dans les pas de l'armée catholique et royale en outre-Loire : le même parcours aux mêmes dates et dans les mêmes conditions


jeudi 23 janvier 2014

Retour sur la mort du Roi - Éphémérides du 22 janvier 1794

   Le Roi a donc été guillotiné hier, il y a 221 ans, à 10h22. C'était un lundi. J'ai oublié dans ma dernière chronique de vous parler du temps qu'il faisait ce jour-là. Je vais donc donner cette précision à la demande de certains d'entre vous. D'après les Archives de l'Observatoire de Paris, à sept heures et demie (une demie heure avant le départ du Roi vers son lieu de  supplice), le temps était "couvert et calme, brouillard". Le thermomètre marquait 0,4°; à deux heures de l'après-midi le temps était le même, le thermomètre marquait 1,2°; à six heures du soir même temps, brouillard moins fort, le thermomètre indiquait 1°. Un témoin allemand, Schlabendorf, écrit : "L'exécution du malheureux et bon Louis XVI devait avoir lieu. C'était un jour assez clair; il n'y eut qu'un brouillard qui, jusqu'à midi, s'étendit sur la ville et ses environs" (Lettre publiée par Arthur Chuquet dans L'Opinion, 1911). Et que dit notre cher Célestin Guittard de Floriban, dans son Journal (Paris, ed., France-Empire, 1974, p. 219) ? : "Ther. 3 degrés au-dessus de zéro. Temps humide toute la journée et brouassé un peu le soir". De son côté Edmond Biré dans son si documenté Journal d'un Bourgeois de Paris pendant la Terreur (Paris, 1898, t.1, p. 426), apporte les précisions suivantes  : "La nuit du 20 au 21 avait été pluvieuse et froide; cette pluie persistante avait fait disparaître en partie la neige qui, la veille, couvrait Paris comme un vaste linceul". Voilà pour ce point de détail de la petite histoire du drame du 21 janvier.

   Maintenant l'heure exacte de la mort du descendant de Saint Louis : d'après Charles-Henri Sanson (15 février 1739 - 4 juillet 1806, le bourreau qui exécuta Louis XVI), le Roi serait arrivé au pied de l'échafaud à "dix heures quinze minutes, à peu près". Madame Royale écrit que son père "reçut le coup de la mort le 21 janvier, un lundi, à dix heures 10 minutes". Une autre source indique 10h30. Le journal Le Républicain du 22 janvier précise que la mort de Louis eut lieu à 10 heures 24... Quant à l'acte officiel du décès, signé P.-J. Legrand, officier public, il porte 10 heures 22 minutes. C'est cette heure-là que l'histoire retiendra. Précisons que l'acte de décès a été rédigé le lundi 18 mars 1793, "l'an second de la République, Acte de décès de Louis Capet, du vingt-et-un janvier dernier, dix heures vingt-deux minutes du matin, profession, dernier roi des Français, âgé de trente-neuf ans, natif de Versailles, paroisse Notre-Dame, domicilié à Paris, Tour du Temple, marié à Marie-Antoinette d'Autriche...". Cet acte est notamment signé d'Antoine-François Momoro (1756 - guillotiné le 4 mars 1794), l'inventeur de la formule "Liberté, Egalité, Fraternité".

L'exécution du Roi à 10h22.
Lors de sa comparution devant la Convention nationale, le Roi avait été parfaitement calme, même serein. Il étonna ses adversaires par sa dignité. L'issue du procès était fixée d'avance. Le talent de M. de Sèze ne pouvait rien changer à la conclusion de ce procès d'intention et de mauvaise foi. Il fallait tuer le Roi. Pour la toute jeune 1ère République, il fallait baptiser ce nouveau régime dans le sang du Roi. Le fait que Louis XVI ait été condamné par la Convention nationale, c'est-à-dire par les représentants de la nation, permettait d'associer l'ensemble des Français à l'ignoble drame du 21 janvier. Serions-nous tous des descendants de régicides ? Évidemment non. La Convention ne représentait en rien le pays puisque 700 000 électeurs seulement sur les 7 500 000* avaient voté...  Enfin, n'oublions pas que ce changement de régime était né d'une émeute, celle du 10 août 1792. Dans ces conditions quelle légitimité pouvait avoir la Convention ?

* On sait que les élections se firent au suffrage universel, mais à deux degrés : les assemblées primaires désignèrent les délégués le 26 août 1792. Ces derniers choisirent, le 2 septembre, les députés. Les détails poignants des derniers jours de Louis XVI sont à lire, notamment, dans le t.1 du Louis XVII de A. de Beauchesne (Paris, 1867).

- Complément des éphémérides du 20 janvier 1794

Dans mes éphémérides du 20 janvier 1794, j'ai oublié les victimes de ce jour-là à Angers. Furent donc guillotinées les personnes suivantes : Charles-Mesmin Gault, né à Nueil-sous-Les-Aubiers, commis greffier du district de Cholet et employé aux Archives du district d'Angers; Geneviève Bouchet, la fiancée de Sébatien Cady, chirurgienne, née à Beaupréau; François Claveleau, charon à Cholet; Anne-Suzanne-Radegonde-Charlotte Marsault, veuve Leclerc, "ci-devant baronne de Vezins, native de Niort"; et sa femme de chambre, Louise-Mathurine Baranger, née à Vezins. [Marie-Suzanne-Radegonde-Charlotte Marsault, née à Niort en 1752, épousa Philippe-André Fortuné Leclerc de La Ferrière, baron de Vezins. Trois enfants naquirent de ce mariage. Le baron mourut le 29 juin 1780, à 29 ans. En janvier 1794, la baronne fut arrêtée à Varades. Conduite à Angers et incarcérée à la prison nationale le 16 janvier, elle fut interrogée dès le lendemain par le Comité révolutionnaire d'Angers. Dans cet interrogatoire, elle déclare qu'elle passa la Loire à Belle-Croix, entre Varades et Ancenis, le lendemain du grand passage à Saint-Florent. Elle dit qu'elle avait erré dans les communes d'Anetz, Varades, Saint-Herblon, Montrelais et la Chapelle. La Commission militaire entendit la baronne de Vezins et sa femme de chambre le 20 janvier. Le même jour les deux femmes montèrent à l'échafaud. La descendance de la baronne de Vezins possède toujours une émouvante relique de la journée du 20 janvier 1794.

Ephémérides du 22 janvier 1794.

- 6ème fusillade du Champ-des-Martyrs.
Pour connaître des heures glorieuses et malheureuses du reste des armées vendéennes sur la rive gauche de la Loire, on peut consulter l'ouvrage de Philippe Doré-Graslin, Itinéraires de la Vendée Militaire. Journal de la guerre des géants (1793-1801), (Cholet, 1992). Nous n'aborderons maintenant que certains combats et massacres  qui  jalonnent les premiers mois de l'an d'épouvante 1794.

Signalons encore que l'exécution, par Henri de La Rochejaquelein, du curé intrus de Saint-Paul-du-Bois, - Jacques-Joseph-Mathias Delahaye, curé de la paroisse depuis 1771, prêta serment - n'a pas eu lieu le 22 janvier 1794. Nous aborderons ce sujet dans un prochain numéro de la revue Savoir et nous publierons les textes qui rétablissent la véritable chronologie des événements de la fin de l'année 1793 et du début du mois de janvier 1794, dans ce canton de la région de Vihiers.

Testament de Louis XVI


Écoutez la lecture du testament de Louis XVI
Cliquez sur l'image
(si la vidéo ne démarre pas, cliquez sur la petite croix blanche en haut à droite de la fenêtre; si ça ne suffit pas, cliquez sur une des vidéos à droite, attendez qu'elle démarre, puis recliquez sur la vidéo du testament !)


mardi 21 janvier 2014

Le descendant de Raymond de Sèze se confie au Télégramme, le 18 janvier 2014


Éphémérides du 21 janvier 1794

- Cinquième fusillade au Champ-des-Martyrs (voyez les éphémérides du 20 janvier)

- A Angers, place du Ralliement, on guillotine Pierre Bonneau, marchand de fer; Pierre Gasté, frère Récollet de Nantes, devenu marchand de fil au Plessis-Grammoire.

- Sur l'ordre de Turreau, les colonnes infernales se mettent en marche. L'état-major général s'installe à Cholet, ainsi que la cavalerie. Les "brûlements", les "pilleries", les massacres commencent : dans la région de Vihiers; à Concourson, le village de Vaillé; aux Cerqueux-sous-Passavant, Cernusson, à Montilliers...  On pille, on massacre aussi, à La Tessoualle, à Maulévrier et dans les environs; à Etusson, au Pin (près de Bressuire), Saint-Aubin-du-Plain...

La colonne de Turreau quitte Doué et s'installe au Coudray-Montbault.

21 janvier 1793 : Ils ont osé

Exécution de Louis XVI

- Cléry raconte : "J'entendis sonner cinq heures et j'allumai le feu : au bruit que je fis le roi s'éveilla et me dit, en tirant son rideau :

- Cinq heures sont-elles sonnées ?
- Sire elles le sont à plusieurs horloges, mais pas encore à la pendule."

Louis XVI montant à l'échafaud
A cinq heures le roi se lève et fait sa toilette. Puis il entendra la messe, célébrée par l'abbé de Firmont, à genoux par terre, sans prie-Dieu ni coussin. Il communiera.

A neuf heures, Santerre, accompagné de "sept à huit municipaux", et de dix gendarmes, arrive au Temple. C'est en voiture (verte) et en silence, que Louis XVI gagnera le lieu du supplice, accompagné de son confesseur et de deux officiers de gendarmerie. Le cortège avança par les boulevards, vers la place de la Révolution où il arriva à dix heures un quart. Louis XVI tentera de dire quelques paroles à son peuple, mais les roulements de tambours étoufferont ses propos. La tête du roi roulera dans le panier à dix heures et vingt-deux minutes. "Fils de Saint Louis montez au Ciel", aurait-dit l'abbé de Firmont. Nous évoquerons plus longuement dans une autre chronique la mort de ce roi très chrétien dont nous n'avons pas fini de payer les conséquences.

Requiem de Luigi Cherubini pour Louis XVI

Le Roi est mort, Vive le Roi !

lundi 20 janvier 2014

Éphémérides des 19 et 20 janvier 1794

- Dimanche 19 janvier 1794 – A Nantes on fusille 207 vendéens et 300 autres sont noyés.

- Lundi 20 janvier 1794 – Froid très vif. Au Champ-des-Martyrs, quatrième fusillade : 408 victimes, soit 108 hommes et 300 femmes. Les noms des personnes tuées ce jour-là sont mélangées avec ceux des femmes et des hommes qui tombèrent le lendemain, mardi 21 janvier. Citons Pierre Baranger, 31 ans, laboureur à Faye; François Poissonneau, 18 ans, laboureur, de Chalonnes-sur-Loire; Julien Poissonneau, 33 ans, taillandier de Neuvy; Louis Uzureau, 27 ans, tisserand de La Poitevinière; Michel Uzureau, 25 ans, tisserand de La Poitevinière; Jean Uzureau, 34 ans, tisserand de Maulévrier; Jacques Uzureau, 63 ans, métayer de La Pommeraye, etc. Aucune victime, à ma connaissance, des fusillades des 20 et 21 janvier ne fut béatifiée le 19 février 1984.

- Même jour- relevons ce petit écho : A Montfaucon, naissance dans des conditions tragiques de Louis-Arsène Hervé.
 
- Cordellier-Delanoue, chef d'une colonne infernale, arrive à Brissac où il retrouve Crouzat.

- François Claveleau, charron à Cholet, condamné à mort par la Commission militaire à Angers, pour avoir assisté à la destruction de l'arbre de la liberté à Cholet, et "en avoir fait un timon de charette, après en avoir donné vingt sous pour le conduire chez lui." (L. Prudhomme, Dictionnaire des individus envoyés à la mort judiciairement, révolutionnairement et contre-révolutionnairement pendant la Révolution..., t.II, Paris, 1796, p.320; Vendée Historique, 1906, col. 266)

N'oubliez pas, n'oubliez jamais !
Il y a 221 ans – Procès de Louis XVI.

Samedi 19 janvier 1793 

– Température : 2° au-dessous de zéro la nuit. Vent-Nord-Est. "Il a gelé assez fort, mais le vent de bise qui coupait le visage hier et avant-hier s'est apaisé aujourd'hui; il (...) fait plus doux, le ciel sans nuage" (Guittard de Floriban). – Au temple, à neuf heures, le municipal Gobeau, entre un papier à la main; Mathey, concierge de la tour, l'accompagne et porte une écritoire. Gobeau déclare au Roi qu'il a ordre d'inventorier les meubles et autres effets. Louis XVI laisse Cléry avec les deux visiteurs et se retire dans sa chambre.

Dimanche 20 janvier 1793 

Le Temple
 – Température : 3° au-dessus de zéro. Vent Nord-Ouest. Il dégèle un peu. Louis XVI continue la lecture de Charles 1er. A deux heures "douze à quinze" personnes se présentent à la fois : Dominique-Joseph Garat (1749-1833), alors ministre de la Justice (il avait succédé à Danton, le 9 octobre 1792); Pierre-Marie-Henri Lebrun-Tondu (autrefois... l'abbé Tondu), ministre des Affaires étrangères (guillotiné le 27 décembre 1793); Philippe-Antoine Grouvelle (1756-1806), secrétaire du Conseil; Hébert – le Père Duchesne! – était aussi là, etc. Garat, le chapeau sur la tête, mais, paraît-il, très ému, déclara au Roi : "Louis, la Convention nationale a chargé le Conseil exécutif provisoire de vous signifier ses décrets des 15, 16, 17, 19 et 20 janvier 1793"... C'est Grouvelle qui fit la lecture de cet abominable décret: Article 1 : "La Convention nationale déclare Louis Capet, dernier roi des François, coupable de conspiration contre la liberté de la nation et d'attentat contre la sûreté générale de l'État". Article 2 : "La Convention nationale arrête que Louis Capet subira la peine de mort". L'article 3 prévoyait que l'exécution de ce décret aurait lieu dans les vingt-quatre heures à compter de sa notification". La lecture de ce texte laisse impassible Louis XVI. Louis XVI lisant son testament

Cléry
Louis XVI lisant son testament
à l'abbé de Firmont
Le Roi demanda "un délai de trois jours pour pouvoir (se) préparer à paraître devant Dieu". On sait que cette requête lui fut refusée. Il demanda aussi la présence auprès de lui de l'abbé Edgewoth de Firmont (rue du Bac, n°483), ce qui lui fut accordé. Ce prêtre, bien entendu réfractaire au serment, arriva au Temple vers cinq heures et demie du soir. Louis XVI le reçut dans son cabinet. Il lui fit la lecture – par deux fois – de son testament rédigé au Temple le 25 décembre 1793. Puis il lui posa des questions sur le clergé et la situation de l'Église de France. A huit heures un municipal annonce que sa famille allait descendre. Celle-ci fit son entrée dans les appartements du Roi. Celui-ci reçut la reine, tenant le dauphin par la main, Marie-Thérèse, sa fille, et Madame Elisabeth, sœur du roi. Tous se précipitèrent dans les bras de Louis XVI. Instant de grande émotion qui se déroula dans la salle à manger. Enfin, le roi, s'assoit, la reine se place à sa gauche, Madame Elisabeth, Marie-Thérèse presque en face, le dauphin reste debout entre les jambes de son père. Ce fut une scène de douleur qui dura "sept quarts d'heure". Madame Royale écrira plus tard : "Mon père, au moment de se séparer de nous pour jamais nous fit promettre de ne jamais songer à venger sa mort". A son fils, alors sur ses genoux, il dit : "Mon fils vous avez entendu ce que je viens de dire; mais comme le serment a encore quelque chose de plus sacré que les paroles, jurez en levant la main que vous accomplirez la dernière volonté de votre père". L'enfant fit ce que demandait son père.
Testament de Louis XVI
Testament de Louis XVI
Testament de Louis XVI
Testament de Louis XVI
Dix heures quinze : Louis se lève le premier et tous le suivent. La reine, le dauphin, Marie-Thérèse, poussaient des gémissements les plus douloureux. Louis XVI promit de les revoir le lendemain à huit heures... "Pourquoi pas à sept ?" demanda la reine. "Eh bien oui à sept heures, répond le roi, adieu". Et le roi rentre dans sa chambre, puis rejoint, dans son cabinet l'abbé de Firmont. Avant de se coucher, le roi demande à Cléry de le réveiller à cinq heures...
A peine Louis XVI est-il couché, qu'un sommeil profond s'empare de lui. A côté de lui, Cléry passe la nuit dans une chaise.

jeudi 16 janvier 2014

Page 4 de couverture de l'Intermédiaire des Chercheurs & Curieux, novembre-décembre 2013


Messes pour Louis XVI.

Extrait de l'Action Française 2000, du 16 janvier au 4 février 2014
10 rue Croix-des-Petits-Champs – 75 001 Paris

Éphémérides des 16, 17 et 18 janvier 1794

- Jeudi 16 janvier 1794

A Angers on guillotine Joseph Garnier, né à Angers, tisserand.

- Vendredi 17 janvier 1794

A Angers on guillotine : François Aubey, natif de Condé-sur-Noireau (Manche), caissier des mines de Montrelais; Etienne Misset, né à Sedan, inspecteur des mines de France et directeur de celles de Montrelais; Pierre Petiteau, né à Varades, ci-devant vicaire d'Auvernay, district de Chateaubriant, non assermenté. A Nantes on fusille 97 vendéens tous executés aux carrières de Gigant. A Noirmoutier on fusille Mme d'Elbée et Mme Mourin de l'Herbaudière.

Ordre du jour du général Tureau, donnant l'itinéraire de la "promenade" des douze "colonnes infernales".  Turreau précisait: "On emploiera tous les moyens de découvrir les rebelles, tous seront passés au fils de la baïonnette; les villages, métairies, bois, landes, genêts et généralement tout ce qui peut être brûlé, sera livré aux flammes...", etc.

Nantes, Gigant.
Monument commémoratif
des fusillades de 1794.
Champ-des-Martyrs – troisième fusillade 250 victimes, dont 80 femmes environ, parmi lesquelles : Marie Deniau, femme de François Gaultier, homme de loi, 42 ans, de la Chapelle-du-Genêt, belle-mère de Louis Lhuillier, officier vendéen; Victoire Gusteau, née à Fontenay-le-Comte en 1743, béatifiée le 19 février 1984; Charlotte Lucas, fille d'un marchand sellier, née à Chalonnes-sur-Loire le 1er avril 1752, y résidant, maîtresse d'école, et chargée du soin des malades. Béatifiée le 19 février 1984. Marie Pichery, née à Chalonnes, le 30 juillet 1754, veuve de Bertrand Delahaye, tonnelier, béatifiée le 19 février 1984. Monique Pichery, sœur de la précédente, née le 4 avril 1762, béatifiée le 19 février 1984. Le père des sœurs Pichery était tonnelier. Félicité Pricet, née vers 1745 à Châtillon-sur-Sèvre, y résidant, béatifiée le 19 février 1984.

A Nantes - On fusille 57 hommes à Gigant.

- Samedi 18 janvier 1794 – Réunion des généraux républicains commandant les colonnes infernales. Tureau leur fait connaître leur ordre de marche.



Procès de Louis XVI

- Jeudi 17 janvier 1793

Le temps : le vent vient du Nord. Il gèle. Temps couvert toute la journée (Journal de Guittard de Floriban). Dans la matinée Louis XVI est condamné à mort.

- Vendredi 18 janvier 1793 - Il gèle très fort (Guittard de Floriban).

Après le comptage, les résultats du vote donnent :

- Pour la mort sans condition : 387
- Pour la mort conditionnelle ou la détention ou le bannissement : 334
-Absents et non votant : 28

- Total : 749


Un aspect de la salle de la Convention nationale,
lors de la comparution de Louis XVI,
le mardi 11 décembre 1792.
- Les trois avocats du roi – François-Denis Tronchet (1726-1806), Malesherbes (1721- guillotiné le 22 avril 1794), R. de Sèze (1748-1828) – se rendent au Temple pour informer le roi du résultat du vote. Scène poignante. Beauchesne raconte : "Malesherbes ne peut contenir sa douleur; il se jeta aux pieds du roi, et, suffoqué par les sanglots, il resta plusieurs instants sans pouvoir parler. Louis XVI le releva et le serra dans ses bras avec effusion : "Je m'attendais à ce que vos larmes m'apprennent; remettez-vous donc, mon cher Malesherbes. Tant mieux, oui, mieux vaut sortir enfin d'incertitude ! Si vous m'aimez, loin de vous attrister, ne m'enviez pas le seul asile qu'il me reste". A la demande de ses avocats, Louis XVI accepta d'écrire de sa main et de signer une déclaration dont voici un extrait : "Je dois à mon honneur, je dois à ma famille de ne point souscrire à un jugement qui m'inculpe d'un crime que je ne puis me reprocher. En conséquence, je déclare que j'interjette appel à la nation elle-même du jugement de ses représentants..."

mardi 14 janvier 2014

Éphémérides du mardi 15 janvier 1793 et du mercredi 15 janvier 1794

Mercredi 15 janvier 1794

- Deuxième fusillade au Champ-des-Martyrs. 42 hommes venaient de la Prison nationale (au bas de l'ancienne place des Halles, aujourd'hui place Louis-Imbach). Nous ignorons les noms des hommes venant de la Citadelle (le château d'Angers). Nous ne connaissons pas non plus les noms des femmes fusillées ce jour-là. Certains historiens estiment à 300 le nombre des victimes de cette deuxième fusillade. Trois victimes étaient de Montrelais, trois autres de Somloire, Chemillé (les paroisses confondues). Deux étaient de Chambellay, et deux autres de Saint-Laurent-de-la-Plaine; une était de Chaudefonds, une autre de Gonnord, d'Angers, Montjean, du Pin-en-Mauges, du Mans, de Saint-Fulgent (Vendée, Jallais, Varades, Saint-Mathurin, etc.
Mardi 15 janvier 1793
Louis XVI
– A Paris – il neige et fait très froid. Procès de Louis XVI. A l'issu des débats, les 749 députés sont appelés nominalement en commençant par le Gers, à deux questions :

   "Louis Capet est-il coupable de Conspiration contre la liberté publique et d'attentats contre la sûreté général de l'État, oui ou non?

   Le jugement de la Convention nationale contre Louis Capet sera t'il soumis à la ratification du peuple, oui ou non?"

   A la première question, 718 députés étant présents, 673 votent "oui", 32 font des déclarations diverses, 3 ne répondent pas et 10 se récusent ou s'abstiennent. A la seconde question, 721 députés sont présents, 286 se prononcent pour le "oui", 423 votent "non", et douze se récusent ou s'abstiennent.

D.L.

lundi 13 janvier 2014

13 et 14 janvier 1794

13 et 14 janvier 1794

   Les corps administratifs d'Angers envoient 1200 charrettes dans le bocage pour en enlever le blé, le vin, le linge et les ustensiles de toutes espèces.

14 janvier 1794 

  Dominique-Alexandre Jaudonnet de Laugrenière, chevalier, seigneur de Grenoillon ou Grenouillon (que sa famille possédait depuis 1692), à Moutiers-sous-Argenton, près d'Argenton-Château, est guillotiné à Nantes. D.A. Jaudonnet de Laugrenière avait été capitaine de dragons et ci-devant mousquetaire de la 1ère compagnie servant à la garde du roi. Il avait épousé Marie-Perrine-Renée de Méric de Fraissinet qui lui laissa deux enfants : Dominique-Claude, baptiésé le 25 novembre 1784, et Alexandre-Luc-Pierre, baptisé le 7 mars 1786.

   D.A. Joudonnet de Laugrenière accepta les idées nouvelles - comme tout le monde - et se porta même acquéreur de biens nationaux de 1ère origine (biens du clergé) en 1791, ce qui lui valut quelques inimitiés de la part de certains habitants de Moutiers... Au début de l'insurrection, les habitants de Moutiers le menaçèrent de lui faire un mauvais parti s'il ne se mettait à leur tête. Il commanda la division d'Argenton-Château. Participa à la campagne d'outre-Loire, et se livra volontairement aux républicains à Savenay. Pour sauver sa tête, il écrira même aux représentants du peuple près les armées réunies contre les rebelles de la Vendée : "Je vous fais le serment le plus sacré d'être fidèle au gouvernement républicain et de faire, dans les circonstances présentes, tout ce qui dépendra de moi pour vous convaincre de mes sentiments républicains". Peine perdue... Le Rapport qu'il envoya aux républicains contient des renseignements du plus haut intérêt sur les armées vendéennes. Il a été publié en partie par Ch-L. Chassin, La préparation de la guerre de Vendée, III, 433 à 437 ; voyez aussi S.V., 96, pp. 26 à 31).

   D'après la marquise de La Rochejaquelein, D.A. de Laugrenière, "condamné à mort, ne demanda que le temps de dîner, ce qu'il fit avec excès, prétendant qu'il n'avait pas d'indigestion à craindre". Sur ce personnage, voyez encore : Gustave Michaud le t.XIX de sa série Au pays Argentonnais : Moutiers (Le Moustier de Saint-Ruffin) 2ème ed., Angers, 1937, pp. 34 et 35, pp.46 et 47.

   Son fils Dominique-Claude revint à Grenouillon après la guerre. Il épousa, le 3 prairial an X, Jeanne-Geneviève Roy, fille d'un de ses fermiers, et en eut deux enfants, André et Marie. Il mourut le 12 juin 1819. Il possédait quelques biens dnas la région de Thouarcé.

   La famille Jaudonnet de Laugrenière, portait d'Azur à un chevron d'or, accompagné de trois têtes d'aigle arrachées d'argent, deux en chef et une en pointe. On lui donne aussi d'azur à trois têtes de coqs armés, crêtés et becqués de gueules.

D.L.

samedi 11 janvier 2014

Ephémérides des 11 et 12 janvier 1794

11 janvier 1794

- Le chevalier Jean-Baptiste de Beauvollier dit Valiot, aide de camp de Lescure, natif de Beuxe, est guillotiné à Angers

Sainte Vendée

- Louis-Pierre Barat, né et baptisé à La Chapelle Saint-Florent, le 27 juin 1726. Prieur de Saint-Jean du Petit-Montrevault. Docteur en Théologie de l'Université d'Angers L'abbé Gruget disait de lui qu'il éait "l'un des prêtres les plus éclairés du diocèse". Professeur de Théologie, de 1762 à 1791. Curé d'Epiré (8/01/1762 au 1/02/1766). Membre de l'Académie des Sciences et Belles Lettres d'Angers, le 15/11/1769. Exerça plusieurs fonctions auprès du diocèse. Commissaire à la rédaction des cahiers de doléances du clergé. Refusa le serment. Interné au séminaire d'Angers le 17 juin 1792, puis à La Rossignolerie le 30 novembre de la même année. Délivré par les vendéens un an plus tard, le 17 juin 1793. Trouve refuge à Beaupréau puis à Cholet. Traverse la Loire avec l'armée vendéenne. Il est arrêté à Saint-Lambert-la-Potherie, le 5 décembre 1793. Il était déguisé en meunier, "portant sur lui les instruments du fanatisme" (Francastel, 6 décembre 1793). Comparait devant le Comité révolutionnaire le 7 janvier 1794, puis, le 11 devant la Commission militaire, qui le condamne à mort. Guillotiné le même jour, place du ralliement à trois heures du soir.
   Ses petits neveux possèdent toujours des livres de sa bibliothèque. Il était chanoine de Saint-Martin depuis le 2 août 1768.

Ce même jour, à Angers, on guillotine François Charon, laboureur du quartier Saint-Laud à Angers; Jean Bordet, laboureur également en Saint-Laud

Après avoir été battu à Saint-Fulgent par Joba, Charette se retire dans la forêt de Grasla.

Arrestation de plusieurs hommes à Saint-Etienne de Corcoué. Ils sont massacrés à Legé (Deniau, 1ère ed., t.IV, pp.131 et 132).

Dimanche 12 janvier 1794

Une fusillade au Champ-des-Martyrs
Première fusillade au Champ-des-Martyrs (aujourd'hui sur le territoire d'Avrillé, près d'Angers) : 105 personnes. Parmi lesquelles, Antoine Fournier. Né à La Poitevinière le 26 janvier 1736. En 1753 - l'année de la naissance de Stofflet - il exerce le métier de tisserand à Cholet. Il est arrêté en décembre 1793. Interrogé le 29 par le Comité révolutionnaire de cette même ville. On lui demande : "désaprouvez-vous la conduite de ces monstres de prêtres qui ont fait égorger nos frères?" Il répond : "Je ne crois pas que  les prêtres aient été capables de donner de mauvais conseils". On lui demande encore : "Vous êtes accusé d'avoir blâmé la conduite des républicains, en disant que l'on détruisait les croix de mission, etc?" Il répond courageusement : "Oui j'ai blâmé et je blâme la conduite de ceux qui jettent les croix de mission et profanent les vases sacrés".
On lui demande : "Vous souffrirez donc la mort pour la défense de votre religion" Réponse : "Oui". Sainte Vendée !

Une tombe du Champ-des-Martyrs
Le 1er janvier 1794, Antoine Fournier et 23 autres prisonniers furent envoyés à la Commission militaire à Angers. Interrogé le 8 janvier, il fut fusillé au Champ-des-Martyrs le 12 janvier. Béatifié le 12 février 1984. Son fils, Jean-Baptiste Fournier, vicaire à Saint-Christophe-du-Bois refusa le serment et fut déporté en Espagne. A son retour il reprit son poste à Saint-Christophe-du-Bois; nommé plus tard curé de Saint-Paul-du-Bois. Il devient curé du Voide le 1er août 1805, il y meurt le 16 septembre 1838. L'année précédente il avait donné sa démission de curé. Il eut pour successeur, son vicaire, le célèbre abbé Félix Deniau, historien des guerres de Vendée, à qui il avait donné les premiers éléments du latin.

jeudi 9 janvier 2014

Ephémérides des 9 et 10 janvier 1794

9 janvier 1794  

Charette s'empare de Saint-Fulgent et poursuit les bleus jusqu'aux Quatre-Chemins-de-L'Oie.

10 janvier 1794


M. de Donissan,
gouverneur du Pays conquis
On fusille dans la Prée de Sainte-Gemmes-sur-Loire, notamment un abbé Blanvillain. A Angers on guillotine, à quatre heures du soir, Elisabeth-Agathe-Marie-Henriette Michel des Essarts, ci-devant noble, de Boismé; Jean-Joseph-Théodore Thomas, marchand de verre, natif de Petit-Bois-Saint-Denis, district de Vervins; Thomas Motais, métayer à La Grande Pommeraye, à Marans; François-Alexandre-Philippe-Modeste Greslier, natif de La Chapelle-Thenier (Vendée), ci-devant noble et lieutenant au ci-devant corps royal d'artillerie coloniale.
Joseph-Guy Donnissan - père de Mme de Lescure, ne semble pas avoir été guillotiné à Angers le 10 janvier, mais le 8 (A.H., t.III, p.586). On sait que M. de Donissan était gouverneur du Pays conquis et qu'il avait été arrêté à Montrelais.