24 novembre 2017 veillée vendéenne à La Tourlandry animée par Dominique Lambert, foyer Saint-Vincent à partir de 20h.

mardi 31 décembre 2013

Au revoir Joseph Rivereau

Vue de Chaudron-en-Mauges et de son église
   Je reviens des obsèques de Joseph Rivereau, notre ami. Une église pleine à craquer, des amis, des fidèles priant avec ferveur. Une paroisse, Chaudron-en-Mauges, restée fidèle à la foi des ancêtres. Une cérémonie très digne, présidée par le P. Yves de Lammerville qui connaît bien la famille Rivereau. Pendant la cérémonie il a été dit que notre ami était le "champion de la généalogie", qu'il aimait la terre, le travail – il était maraicher et travaillait parfois douze heures par jour –, les traditions (il a été baptisé dans l'église de Chaudron, il s'y est marié, il a voulu que sa messe de sépulture ait lieu dans cette église, et il repose dans le cimetière de Chaudron,  avec ses ancêtres...) Joseph est né un 14 mars. Sans doute rappelait-il à ses amis que le 14 mars 1793 Stofflet et Cathelineau s'étaient emparés de Cholet. Notre ami aimait l'histoire. Au cours d'un récent déjeuner de la Vendée Militaire, je l'ai entendu parler, avec une rare précision, des épidémies en Anjou au XVIIIe s. 
   On décelait dans le regard de Joseph beaucoup de bonté. Cette bonté était bien réelle. Beaucoup de nos amis peuvent en témoigner. Un jeune de la Bretesche, au Mesnil-en-Vallée (sous la Révolution cette belle demeure appartenait à la famille Vollaige de Vaugirault), nous a donné à ce sujet, un beau témoignage. A la Vendée Militaire, la seule peine qu'il nous aura faite, est celle de nous avoir quitté le 28 décembre... 
   Nous n'oublierons pas Joseph Rivereau. Joseph était un fervent chrétien. Il avait une grande dévotion pour la Vierge Marie, la suzeraine de l'Anjou.
   Que "la terre des géants et des genêts en fleurs" lui soit douce...

Dominique Lambert de La Douasnerie

lundi 30 décembre 2013

Ephémérides des 30 et 31 décembre 1793 – Petits échos de la Vendée angevine

L. Prudhomme, Dictionnaire des individus envoyés 
à la mort judiciairement, 
révolutionnairement et contre-révolutionnairement 
pendant la Révolution, 
particulièrement sous le règne 
de la Convention nationale, Paris, 1796.
- 30 décembre :

Les bleus se portent à Coron, puis à Chanteloup. Des Vendéens viennent de sortir de ce dernier bourg, "après avoir mis à mort dix à douze patriotes (...). Les rapports sur le nombres des insurgés varient depuis 300 jusqu'à mille ou douze cents".

- Le général républicain Legros occupe Saint-Florent.

- 31 décembre 

- Les administrations siégeant à Vihiers, se replient au ci-devant château de Vaillé, paroisse de Nueil.
- En cette fin de décembre 1793, 3 ou 400 rescapés de l'outre-Loire s'installent dans le segréen. Premier noyau de la chouannerie angevine. Ainsi Ménard dit Sans-Peur et Hodé dit l'Extermine sont signalés dans la région de Marans de de Loiré.

- Des angevins se portent vers la "prée" de Sainte-Gemmes où les attendent un spectacle ahurissant. Des centaines de cadavres de Vendéens jonchent le sol.

Credo pour affermir notre foi de vendéen


En Mémoire de Joseph Rivereau

http://www.dailymotion.com/video/x2tg7b_croisade-deus-lo-veult_travel
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dimanche 29 décembre 2013

Décès de Joseph Rivereau

Le président et le Comité directeur de l'association 
Vendée Militaire 
ont la tristesse de vous annoncer le retour à Dieu 
de leur adhérent et ami :
Joseph Rivereau
décédé le samedi 28 décembre 2013,
en début d'après-midi à l'âge de 58 ans

   Excellent généalogiste – il était apparenté à une partie des Mauges : les Cathelineau, les Pionneau, les Guinhut (de La Chaperonnière en Jallais), les Lizé et les Boussion, de La Saugrnière, les Uzureau, etc – et bon connaisseur de l'épopée vendéenne, Joseph était toujours prêt à partager son savoir avec les adhérents de la Vendée Militaire. Il était très attaché à notre mouvement.
Les obsèques de Joseph auront lieu le mardi 31 décembre, en l'église de Chaudron-en-Mauges, au cœur de la Vendée angevine, à 14h30. Merci à tous ceux qui pourront y assister.

   La Vendée Militaire présente à Mme Rivereau, son épouse, à ses enfants et parents, ses biens sincères condoléances et l'assurance de ses prières.

Des rappeurs chantent la Vendée. Ecoutez attentivement les paroles...

samedi 28 décembre 2013

Ephémérides des 27, 28 et 29 décembre 1793

27 décembre :

- Odieux massacre de plusieurs centaines de Vendéens dans la "prée" de Saint-Gemmes. Ces vendéens, "préalablement mis à nus", sont fusillés en bloc. Ceux qui, malgré les décharges à bout portant, donnent encore signe de vie sont achevés sur place. La plupart de ces victimes s'étaient rendus volontairement après la mi-septembre 1793, sur promesse d'amnistie. Avant leur exécution, ils avaient été emprisonnés dans la cathédrale d'Angers. Pour certains auteurs, ces fusillades eurent lieu pendant "huit jours de suite". Pour l'abbé Simon Gruget, curé de La Trinité d'Angers, les fusillades eurent lieu les 27, 28 et 29 décembre 1793. Au moins 1500 personnes furent fusillées dans la "prée" de Sainte-Gemmes. On sait que les cadavres d'une trentaine de ces Vendéens furent écorchés et leurs peaux tannées... Un certain Robin, témoin de toutes ces horreurs, raconta à Victor Godard-Faultrier (1810-1895), le 31 mai 1852 : "Je puis vous affirmer qu'ils étaient écorchés à mi-corps, parce que, continua-t-il, on coupait la peau au-dessous de la ceinture, puis le long de chacune des cuisses jusqu'à la cheville des pieds, de manière qu'après son enlèvement, le pantalon se trouvait en partie formé; il ne restait plus qu'à tanner et à coudre". Le 2 octobre 1859, une croix des Martyrs, une simple croix de bois fut élevée près de la prairie de Sainte-Gemmes en souvenir des massacre de décembre 1793. Cette croix fut remplacée par une croix de pierre qui fut inaugurée le 3 octobre 1869.

28 décembre :

Le prince de Talmont
- On massacre aux Ponts-de-Cé.
- Rescapé de l'outre-Loire, le prince de Talmont qui se cachait dans la forêt du Pertre, se risque à sortir de son refuge pour se rendre dans une maison de Bazouges-du-Désert afin d'y recueillir des renseignements. Il y est arrêté par des gardes nationaux qui ignoraient son identité. Bientôt reconnu, il est transféré de Fougères à Rennes, de Rennes à Vitré et de Vitré à Laval.
- Le district de Vihiers ordonne d'arrêter : Mme Guéniveau et sa fille, de Saint-Lambert-du-Lattay. M. Guéniveau était membre du Comité royaliste de Saint-Lambert. Mme Dejoui et sa fille, femme et fille d'un membre du Comité royaliste de Saint-Lambert-du-Lattay. Le même district ordonne d'arrêter également Mme Banchereau, de Saint-Lambert.
- Continuation des fusillade dans la "prée" de Sainte-Gemmes.

29 décembre :

- Des insurgés de retour d'outre-Loire paraissent en bande à La Plaine et à Somloire.
- Turreau, depuis longtemps déjà nommé au commandement en chef de l'armée de l'Ouest, arrive à Nantes...

jeudi 26 décembre 2013

Ephémérides du 25 et 26 décembre 1793

      – 25 décembre 1793 :

* Pierre Allard fait sa soumission et dépose ses armes à sa municipalité de Thouarcé. Il est fusillé dans "la prée" de Sainte-Gemmes, près des Ponts-de-Cé.

* Venant du Mans, à la suite de l'armée républicaine, la Commission militaire s'installe à Savenay avant de se rendre à Nantes. Dès le 23 décembre, à Savenay, elle fait fusiller 288 traînards de l'armée royale. 

* Le 25 – en guise de joyeux Noël – la Commission fait fusiller à Savenay 188 victimes. Dans cette seconde hécatombe de nombreuses paroisses du pays insurgé sont représentées : huit victimes appartiennent à la ville de Cholet, six à celle de Chanteloup, quatre à la Chataigneraie, quatre des Herbiers, quatre de Saint-Georges de Montaigu, trois de Chambretaud, trois de Vezins, trois de Trémentines, etc.

* A la Convention : discours de Robespierre sur le gouvernement révolutionnaire. Il prononcera la deuxième partie de ce discours le 5 février. Malgré ses moyens expéditifs et sa forme dictatoriale, le gouvernement révolutionnaire était légitime, selon Maximilien, car son seul but était le salut du peuple. "Terrible aux méchants mais favorable aux bons". Il avait comme ressort la vertu appuyée sur la terreur, "la vertu sans laquelle la terreur est funeste, la terreur sans laquelle la vertu est impuissante." La terreur, tempérée par la vertu devenait donc un moyen de gouvernement.

– 26 décembre 1793 :

Noyade de Nantes (gravure allemande)
* A Savenay, la Commission militaire condamne à mort 185 victimes.

* A Nantes, Carrier décide de noyer 1 200 personnes d'un seul coup. Un jacobin qui vient d'arriver à Nantes écrit : "Ici, on emploie une manière inusitée de nous débarrasser de la mauvaise engeance des brigands. On met tous ces coquins dans des bateaux qu'on fait ensuite couler à fond. On appelle cela envoyer au château d'eau". (faisant allusion aux château d'Aux dans le voisinage de Nantes), "en vérité si les brigands se sont plaints quelques fois de mourir de faim, ils ne pourront se plaindre qu'on les fasse mourir de soif". De l'humour noir – ou bleus! – sans doute...

vendredi 20 décembre 2013

Conte de Noël : La crèche de Louise, par Dominique Lambert de La Douasnerie

        Au cœur du bocage, la métairie de la Guignardière était éloignée de tout. Le bourg le plus proche était à une lieue et pour l’atteindre il fallait franchir un nombre incroyable d’échaliers, sorte de petites échelles - échales - que les paysans posaient au coin d’une haie, entre deux champs appartenant à deux exploitations différentes, et sur le passage d’un sentier de piétons. Quand on était braconnier, il fallait se défier des échaliers, car les gardes se "cutaient" souvent à proximité, prêt à vous saisir à votre passage. Il fallait donc enjamber les échaliers, sport sans doute amusant pour les jeunes, mais pour les vieux... Bien sûr, il y avait le chemin creux, mais il était rarement praticable d’un bout à l’autre de l’année. A chaque instant, il fallait faire attention aux «chapelets», longue théorie «de petits trous et de légers monticules» pratiqués par le piétinement des bœufs. C’était cependant le chemin que préféraient les plus anciens. Certes, l’hiver on arrivait crotté au village, mais sans être obligé d’escalader ces fichus échaliers où l’on risquait, les jours de fêtes de déchirer son "nocial". C’étaient encore des chemins tout aussi difficiles, et qui reliaient les fermes entre elles, que l’on empruntait, à partir de la Saint-Michel, pour aller aux veillées. Le soir, à la tombée de la nuit, la famille s’avançait en rang d’oignon par ces chemins, la marche éclairée devant et derrière par un falot. Le chef de famille n’oubliait pas de se munir de la «fourche à loup», pour le cas d’une « malencontre ». Il est vrai que ces chemins permettaient parfois de singulières rencontres. A ce sujet, voici ce que l’on racontait dans les métairies et les borderies de la région de Beaupréau. Un jour l’abbé de Mergot (curé d’Andrezé de 1858 à 1887), se rendant dans une métairie par l’un de ces chemins, tout en "bourbitant" son bréviaire, surprit l’une de ses paroissiennes qui, se croyant seule, était dans une position qui en disait long sur les fonctions naturelles qu’elle accomplissait. La brave femme toute confuse voulut se relever. Mais d’un geste amical l’abbé la retint : «Restez, ma fille, restez, j’aime mieux voir la poule que l’œuf.»

        Le métayer, Pierre Thomas, est mort à 90 ans, en 1910. Il était donc né en 1820, l’année de l’assassinat du duc de Berry et de la naissance du duc de Bordeaux. C’était au temps du Roi Louis XVIII. Le frère de Pierre avait reçu le prénom de Charles, parce que né en 1824, l’année de l’avènement de Charles X. On était comme ça chez les Thomas. Leur père, Louis, métayer à la Guignardière, comme l’avaient été tous ses ancêtres, avait pris les armes avec les Vendéens en 1796, 1799 et 1815. En 1832, il avait fait partie de la bande de Delaunay qui chouannait dans la région de Maulévrier. A l’affaire des Aubiers, en 1799, il avait reçu une blessure au bras gauche. Son capitaine, Louis Durbecé, l’avait ramené à la Guignardière en croupe sur son cheval. C’est encore ce Louis Thomas qui déclarait n’aimer «que le vin blanc et le drapeau de la même couleur». Et de ce fait, Pierre ne rechignait pas à trinquer avec les bons amis, notamment ses anciens camarades de l’armée royale. Rien de tel qu’un petit coup de vin clairet pour aider à délier la langue, et il avait tant de souvenirs à raconter le métayer de la Guignardière. Or, un jour -et par malchance, c’était un vendredi Saint- Louis traversa le village en titubant légèrement. La marquise de C... passait à ce moment et fut scandalisée:

        - Comment père Thomas, vous n’avez pas honte, un jour pareil!

       Et Louis Thomas de répondre:

        - Qu’y a-t’il d’étonnant, madame la marquise, que le jour où le Christ est mort l’humanité chancelle!

        Évidemment le mot a été inventé après coup. Mais il en dit long sur le personnage qui était d’ailleurs adoré des gens du pays.

        Ce Louis était lui-même fils de Pierre -le grand ancêtre- qui avait fait la «grand guerre», depuis le début jusqu’à la fin. Il avait été l’ami de Sébastien-Jacques Cady, de Saint-Laurent-de-La-Plaine et chantait les chansons du célèbre chirurgien. Le dernier descendant direct de cette famille les chantait encore un peu avant sa mort survenue en 1971. L’auteur de ces lignes a pu -in extremis- enregistrer quelques-unes de ces chansons. Pierre Thomas est mort en 1843, il avait 83 ans. Il s’était marié à l’âge de 20 ans et avait eu, d’une "jeunette" de 16 ans, deux beaux enfants: un garçon et une fille. Agé de 33 ans en 1793, Pierre avait rejoint les «batailleurs» dès la prise d’armes. Son frère Jean  le suivit, mais il fut tué à Cholet le 14 mars. Leur père n’existait plus au moins depuis dix ans. Leur mère, Louise Bridonneau fut prise dans la déroute du mois d’octobre et traversa la Loire avec l’armée vendéenne. Elle mourut de misère dans les prisons du Mans. C’est justement à cause de la "galarne" que Pierre s’est retrouvé seul à la Guignardière et qu’il lui est arrivé l’histoire que je vais vous conter. C’est lui-même, le héros de cette histoire, qui l’a transmise à son petit-fils, Pierre, mort en 1910, lequel l’avait raconté "ben souvent" à Jean Thomas, son petit-fils, que j’ai connu et qui est mort, comme je l’ai dit, en 1971. Il faut dire que Pierre, mort en 1910, était une vraie "goule de foire" et qu’il était intarissable sur l’histoire de sa famille et de la Vendée.

        Pierre Thomas, le batailleur de 93, n’avait donc pas traversé la Loire. Blessé à Châtillon, il n’avait pu suivre l’armée, mais avait engagé sa mère à se joindre au long cortège qui s’acheminait vers Beaupréau. Quand à lui «il s’arrangerait», c’est du moins ce qu’il avait déclaré à sa mère. Bientôt le pays était redevenu calme, la campagne semblait vide de ses habitants et seul le meuglement des animaux troublait le silence obsédant. Certes, quelques jours après cette formidable «transhumance», les habitants restés dans les métairies se recherchèrent. Mais bientôt on évita de se voir, on chercha même à se faire oublier. En effet, les «patauds» de retour au pays en profitaient pour dresser des listes d’individus suspects et recherchaient les parents, les femmes et les enfants des «brigands» passés outre-Loire. Il fallut se cacher dans les genêts et dans les bois. C’était dans le temps où l’armée vendéenne avait été écrasée, mais Pierre Thomas ignorait la grande déroute de Savenay. Il ignorait aussi que quelques «gas» de sa paroisse, rescapés de la «galarne» étaient de retour au pays. Mais eux aussi se cachaient.

        Pierre avait élu domicile dans une immense lande où autrefois il menait les animaux de son père qui se régalaient des jeunes pousses des genêts. De temps en temps, il sortait de son repaire -une cabane faite de branchage- et se débrouillait pour trouver, ici ou là, de quoi se nourrir dans les fermes abandonnées. «Il trouvait aisément des œufs, me racontait Jean Thomas, puisque personne en dehors de lui n’était là pour les ramasser». Il se procurait aussi facilement du lait. En effet, nombreux étaient les animaux errants.

        Mais Pierre n’était pas seul. Un soir, vers le 20 décembre, alors qu’il était dans sa cabane, étendu sur une paillasse qu’il avait amenée de la Guignardière, Pierre entendit du bruit. Malgré sa peur, il eut le courage de se lever légèrement et de regarder à travers les branchages. Il aperçut alors une petite fille qui «parlait aux étoiles». Il s’assura qu’elle était seule, puis il sortit, s’approcha d’elle doucement et lui posa la main sur la bouche pour l’empêcher de crier. L’enfant se débattit, mais il lui expliqua qu’il était un proscrit, blessé et qu’il se cachait, comme elle sans doute. L’enfant rassurée raconta son histoire. Elle s’appelait Louise, était âgée de 10 ans et venait d’une ferme au- delà de Chemillé. Son père avait été tué dans un choc du côté de Vihiers. Elle avait suivi l’armée avec sa mère; l’un de ses frères marchait avec les insurgés. Après la bataille de Cholet, en octobre, elle et sa mère s’étaient laissées emporter par la foule qui marchait vers Saint-Florent-le-Vieil. Elle tenait la main de sa mère et marchait, marchait. Mais, vers Saint-Pierre-Montlimart, «pour se gratter la tête», elle avait quitté la main de sa mère; quand elle voulut la reprendre, la maman n’était plus là, perdue dans cette monstrueuse cohue. Alors, elle courut à travers la foule, en vain. Elle pleura, mais personne ne s’occupa d’elle. Enfin, elle s’assit, regarda, hébétée, la foule passer devant elle, et s’endormit. Quand elle se réveilla au petit matin, la route était déserte. Le cœur gros elle marcha vers sa maison, mais ne savait pas par quel chemin s’y rendre. Sa maison était une ferme, à chaque instant elle croyait l’apercevoir. Enfin, elle s’arrêta dans la genêtière où vivait Pierre Thomas et se construisit un abri en bordure du chemin.

        Nous étions dans les temps de Noël et chaque jour Pierre Thomas retrouvait la petite Louise, lui donnait de quoi se nourrir et lui cueillait des épines noires pour tenir ses cheveux. Dans sa cabane, assis l’un près de l’autre, il lui sculptait, dans de petites bûches, les personnages de la crèche. Tout en travaillant, il lui racontait les Noëls d’autrefois, les Noëls d’avant la persécution. Car la toute petite fille, malgré ses dix ans, avait tant vécu que tout lui paraissait lointain. Il racontait le mois de décembre si doux dans les métairies.

        En décembre
        Fait autour du feu vacillant dans la chambre,
        Les chaises se toucher.

        La petite savait que personne ne devait entrer dans les tets pendant la nuit de Noël, à l’heure de minuit, sous peine des plus grands malheurs. En effet, les bêtes "aumailles" ne veulent pas être dérangées à l’heure où le bœuf et l’âne ont à réchauffer l’enfant naissant dans la crèche. Pierre lui racontait la longue veillée où l’on se réunissait autour du foyer brillant de longues flammes pour entendre le récit de la simple et grande histoire de la nativité. Comme on était bien autour de l’âtre où se rassemblait la famille! La messe de minuit, les cantiques d’autrefois, et Pierre chantonnait:


                Chantons, peuple angevin,
                Noël d’un chant modeste;
                De cœur pur et bénin,
                Pour célébrer la fête
                De la sainte naissance
                Du messie promis,
                Qui répare l’offense
                Qu’Adam avait commis

        Comme tout cela semblait loin, mais c’était si bon d’y penser et d’en parler. Le soir, la petite fille regagnait sa cabane emportant avec elle les personnages sculptés par Pierre Thomas

        Le 24 décembre il gelait. Pierre et Louise parcouraient la genêtière pour se réchauffer. Soudain, dans le «mitan de la ressiée», ils entendirent des bruits de pas sur le sol glacé du chemin. Le bruit était encore lointain, mais il se rapprochait. Pierre eut tôt fait de grimper dans un arbre pour voir qui venait: un ami, un ennemi? Il ne fut pas long à reconnaître l’homme à la démarche sonore. C’était un maquignon qu’il avait rencontré autrefois aux marchés de Cholet, de Chemillé et de Montrevault. Il avait toujours l’air maussade et ce n’était pas pour rire comme un «ragassoux-la-moustache»; non certes, il n’avait rien d’un «réjoui bon temps.» Sa moitié se donnait des airs et méritait bien le surnom de «Perrine du Gué, marraine du chat» que l’on donnait à ces femmes là. L’homme tenait à la main un bâton à riboule. Ce bâton se terminait par une grosse excroissance de racine taillée en boule. Une arme redoutable.

        L’homme se rapprochait... Le maquignon était devenu un farouche «pataud» redouté de tout le monde. Il avait fait la guerre aux prêtres réfractaires et aux fidèles qui assistaient à leurs messes ou aux pèlerinages. Quand la guerre s’était déclarée, prudemment le bonhomme avait quitter le pays. Mais depuis le passage de la Loire il était revenu, encore plus «glorieux» et sans doute avec des intentions pas très catholiques.

        Pierre recommanda à Louise de retourner dans sa cabane et de ne pas en bouger tant que l’homme ne se serait pas éloigné de leur retraite. Lui-même rejoignit son repaire.

        Les pas de l’homme se rapprochaient de plus en plus. La petite fille, blottie sous les branchages, retenait son souffle. Elle mourait de peur et ne put s’empêcher de pousser un cri au moment où l’homme passa devant sa cabane. L’homme s’arrêta, écouta un moment. Il avait peur, sans doute, de s’aventurer dans les genêts et de tomber dans un piège. Il y avait tant de proscrits dans ce pays. Pourtant, n’entendant plus de bruit, il s’approcha de l’endroit, tout près du chemin où il avait entendu crier. Pierre, de sa cabane, assista à toute la scène. Il vit l’homme s’approcher de la petite fille qui était accroupie. Alors le maquignon, sans un mot, leva très haut son bâton à riboule et frappa violemment la petite Louise à la tête. Après ce geste -un seul- l’homme proféra quelques obscénités et s’éloigna.
        Pierre resta un long moment immobile, comme pétrifié. L’homme était loin maintenant, on entendait encore vaguement son pas résonnant dans le lointain. Alors, Pierre s’approcha à petit pas de l’enfant. Elle était recourbée sur elle-même, son sang inondait le sol. Elle tenait dans sa main un «petit Jésus» que Pierre avait sculpté la veille. Dans la nuit -la nuit de Noël- Pierre enterra Louise au bas de la grande pièce, près des Rochettes, là où s’élève aujourd’hui un grand chêne. Cet arbre a été planté par la famille Thomas, pour marquer l’emplacement de la sépulture de l’enfant.

        Pierre garda toute sa vie les personnages de la crèche qu’il avait sculptés pour Louise: le petit Jésus, Marie et Joseph. A chaque Noël il disposait ces objets dans la crèche de son foyer. Cette crèche s’est transmise de génération en génération dans la famille Thomas, toujours placée près de la cheminée de la Guignardière. C’est là que Jean Thomas entendit «ben des fois à la Noël» raconter l’histoire de la petite Louise dont on ne savait même pas le nom de famille. Quand l’aïeul avait finit son récit, il se faisait un grand silence dans la maison. C’est à peine si on distinguait le tic-tac de la vieille horloge. Chacun, la tête pleine de cette histoire, fixait, comme fasciné, la flamme du foyer. Enfin, l’ancien tirait sa montre:

        - «Le bon Dieu va bientôt naître, disait-il, il est temps de partir à la messe».

        Il ajoutait, en jetant sur l’assemblée un regard qui en disait si long:

        - «Vingt quatre ans plus tard, à la Noël 1817, le maquignon plus que maudit, le «raoudit» fut retrouvé noyé dans son puits !»

        Louise était vengée...
       

        Dominique Lambert de La Douasnerie

vendredi 13 décembre 2013

Pour Dieu et le Roi... en Vendée

" S'il vous plaît, racontez-nous une histoire Grand-Mère ! Quémandent les enfants.
- Une histoire de chevaliers et de dragons ! dit Emile.
- Non, s'écrie Françoise, l'histoire de la gentille Cendrillon et de sa pantoufle !
- Et si vous racontiez celle de ce mouchoir rouge sang que vous gardez près de votre livre de prières ? demande Madeleine. Maman m'a dit que c'était une longue histoire. "
En huit chapitres une Grand-Mère raconte à ses petits-enfants l'histoire de la guerre de Vendée qu'elle a vécue : comment et pourquoi elle a eu lieu, ce qu'on appelle la virée de Galerne, les colonnes infernales et la Terreur, la " pacification " de la Vendée, et enfin l'histoire du briseur de calvaires. Simple et émouvant, sous forme de dialogues, le récit permettra au jeune lecteur de vivre aux côtés des Vendéens leur quotidien, leurs batailles, leurs souffrances et leurs joies. Il connaîtra l'histoire du mouchoir de Cholet, mouchoir appartenant à Monsieur Henri qui pansa le bras de l'oncle René blessé, fils de la Grand-Mère narratrice. Il sera témoin du Pater de monsieur d'Elbée et du pardon de monsieur de Bonchamps qui demandaient la grâce des prisonniers, etc.

Ce livre est le premier publié sous la marque "Editions des Petits Chouans", 12 €

mardi 10 décembre 2013

Nouveaux points de vente de notre revue Savoir

On peut se procurer notre revue Savoir également au prix de 12 € :

- Librairie Notre-Dame de France, 21, rue Monge, 75 005 Paris
- Librairie Duquesne Diffusion, 27 avenue Duquesne, 75 007 Paris
- Librairie Dobrée, 14 rue Voltaire, 44 000 Nantes

jeudi 5 décembre 2013

Parution du n°105 de la revue Savoir, la mémoire vendéenne

Cliquez sur l'image pour consulter 
des extraits de la revue

  Le n°105 de notre revue Savoir vient de paraître. Il sera mis sous plis dans les prochaines heures. Le numéro 106 – dernier numéro de l'année 2013 – parviendra aux adhérents de la Vendée Militaire à la fin du mois de janvier 2014. Le premier numéro de l'année 2014 – le n°107 – sortira au mois de mars.
   Nous vous souhaitons une bonne lecture du 105 et nous attendons vos commentaires. 
   En attendant de vous retrouver le 21 janvier prochain à Chemillé, dans le vivant souvenir de Louis XVI, et du royaume des lys, nous vous présentons nos amitiés vendéennes.
                                   Savoir

lundi 2 décembre 2013

Ephémérides décembre 1793

- La misère partout :
   - " D'honorables lambeaux couvrent l'homme qui jadis vivait couvert d'habits de soie. "Le pain de l'égalité"* honore la table du riche, et celui qui craignait la rudesse du maroquin le plus souple, marche aujourd'hui gaiement avec des sabots mal façonnés" (Deniau, 1ère ed., t.III, p.166)
La disette du pain au cours de l'hiver 1794-1795
* Avec la loi du maximum, on fabriqua le pain de l'égalité accessible à tous. Les boulangers n'avaient le droit de faire qu'une seule sorte de pain. En décembre 1793, on distribua des cartes de pain.
     - Une vague de froid arrive en Anjou.
   - En prévision du siège d'Angers par les vendéens, les administrateurs du département de Maine-et-Loire autorisent "le maire et officiers municipaux de la commune d'Angers à requérir des voitures en prévision de l'évacuation de tout ce qui est précieux". Réquisition également des flambeaux qui peuvent se trouver soit chez les épiciers, soir chez les ciriers de la ville d'Angers, soit dans les bureaux des administrations et comité révolutionnaires d'Angers, à l'effet de servir à allumer au premier ordre les incendies que la défense de la place exige. Des prisonniers sont dirigés sur Orléans, parmi eux Martin du Chesnay, curé de Saumur.

     - Venant de La Flèche, les Vendéens arrivent à Pellouailles-les-Vignes, à 11 km d'Angers.

dimanche 24 novembre 2013

Ephémérides du samedi 23 novembre 2013 et du dimanche 24 novembre 1793.

Nicolas Stofflet

   Samedi 23 novembre 1793


  - Le gouvernement fait fermer toutes les églises parisiennes.

  - Nouvelles de l'outre-Loire - Après la bataille d'Antrain, dans la nuit du vendredi 22 au 23 novembre, le Conseil de guerre de l'armée catholique et royale, contraint par les paysans, décide de prendre la route d'Angers par Fougères et Laval, comme l'avait proposé Stofflet. Ce dernier entraine les vendéens vers Fougères qui est occupé, le soir-même, sans résistance. En l'église Saint-Léonard les vendéens font chanter un Te Deum d'actions de grâces pour toutes les victoires qu'ils venaient de remporter. Mais, nous dit l'abbé Deniau, "ce fut plutôt une cérémonie de deuil qu'une fête de joie, car leur situation déchirante contrastait avec les chants de triomphe".
   

   Dimanche 24 novembre 1793


   - Sur la proposition de Fabre d'Eglantine, la Convention, adopte le calendrier révolutionnaire.
   - Nouvelles de l'outre-Loire : les vendéens passent "un jour franc" à Fougères.

vendredi 22 novembre 2013

Un soldat vendéen, Jean Le Tertre dit Mayence, et sa femme Perrine-Marie Rochard, infirmière des Vendéens

  Perrine-Marie Rochard fut reconnue par MM. les généraux de Bonchamps et autres des armées royales pour être la première dans l’hôpital de Cholet qui donna des soins aux blessés.
Elle naquit et fut baptisée à St Pierre de Chemillé le 6 juillet 1765. Fille de HH (honorable homme) Pierre Rochard, marchand-fabricant (soldat vendéen, il sera tué « dans les premières campagnes de la Vendée »), et de demoiselle Marie Leroy. Son parrain fut HH Pierre Rochard, marchand, de la paroisse de Thouarcé (Perrine était donc très probablement une parente de Rochard, le capitaine Vendéen de Thouarcé). Savait écrire.
   A Saint-Pierre de Chemillé où ils résidaient au moment de la révolution, les Rochard vivaient très « à leur aise », ils "possédaient une maison qui renfermait un mobilier considérable et un magasin de fer". La "maison fut et le fer employé pour les besoins de l'armée Vendéenne ». Les Rochard possédaient aussi, à Saint-Aubin-de-Luigné, quelques biens qu'ils perdirent pendant la révolution : "deux maisons (...) et plusieurs quartiers de vignes (ces vignes furent "anéanties par un campement très long »).
  Durant la première campagne Vendéenne, Marie Rochard avait déjà été employée à soigner les malades et blessés de l'armée vendéenne - Bondu, chevalier de la légion d'Honneur; Denay fils; Nassivet, etc – certifièrent à Chemillé le 24 décembre 1823, que Marie Rochard avait "rendu les plus grands services à l'humanité souffrante en prodiguant ses charitables soins aux braves et fidèles soldats blessés dans les combats des guerres royales de Vendée. elle a formé elle-même différents hôpitaux dans le Poitou et l'Anjou et (...) elle a toujours été attachée aux petits soins des blessés qui ont trouvé de grands secours dans ses soins et (.. ) la dite dame Letertre a supporté toutes les peines, fatigues et dangers de la guerre, et nous avons dans notre pays bien des hommes qui lui sont redevables de la vie par ses soins".
Nicolas Stofflet et le docteur Baguenier-Desormeaux
visitent l'hôpital de la forêt de Maulévrier
(Vitrail du Pin-en-Mauges)
  

Un document précise que Marie Rochard "resta à Chemillé avec sa mère, un frère et une sœur. Le frère fut tué au Mans et les trois femmes survécurent". Cependant, Bondu ; Denay fils; Nassivet; etc affirmèrent sous la Restauration, que Marie Rochard avait passé la Loire avec l'armée royale de la Vendée « pour prodiguer ses charitables soins aux braves et fidèles combattants vendéens qui ont fait de bon cœur le sacrifice de leur vie pour la cause sacrée de 1'autel et du Trône ».
   Plus tard, Marie Rochard "suivra" les "hôpitaux pour soigner les royalistes blessés". Un document précise encore qu'après "la fameuse déroute du Mans, (Marie Rochard) ne cessa de continuer ses soins aux malheureux fugitifs Vendéens qui erraient dans les bois et forêts". Pendant ce temps, ajoute le même document, "elle eut le malheur de tomber entre les mains des républicains qui la conduisirent dans les prisons de la ville de Nantes, d'où elle n'est sortie que par une protection particulière".
   A Chemillé, le 20 vendémiaire an 7 - jeudi 11 octobre 1798 - Perrine Rochard épousait Jean Letertre, cultivateur, 33 ans, demeurant à Saint-Mars-du-Désert (Loire-Inférieure), où il était né le 2 mars 1765. Il était le fils de Jean Letertre, laboureur, et de Louise Peloteau, demeurant à la Boissière en Saint-Mars-du-Désert.
Jean Letertre avait combattu en Vendée, dans l'armée du général de Bonchamps, puis, après la campagne d'outre-Loire (ou après la pacification de 1795 ? ) avait rejoint les chouans sur la rive droite de la Loire.
   Il servit d'abord comme capitaine, puis comme commandant dans la troisième division de l'armée de Haute-Bretagne commandée par Monsieur de Scépeaux. Cette division à laquelle appartenait Letertre - celui-ci était connu sous le sobriquet de Mayence - était commandée par René-Victor-Joseph Palierne de la Hunaudaie (celui-ci avait été destitué, en 1792, de sa place de receveur à Ancenis. On a dit qu'il avait été initié aux projets de la Rouërie) et comptait plus de 4000 hommes. Elle tenait au moins jusqu'à l'Erdre, les pays d'Ancenis, de Ligné, de Niort et de Carquefou, menaçant directement Nantes.
   Outre Jean Letertre dit Mayence, les principaux officiers de Palierne étaient : de la Houssaie, Hardou, Mourin de l'Herbaudière, d'Espitven, Le Douarin et Louis-Julien Rousseau. Précédemment Palierne avait été, en 1794, chef de division sur la rive gauche de la Loire, dans l'armée du général Stofflet (CF. Arthur du Chêne, Notes particulières sur les faits et circonstances qui ont eu lieu pendant la guerre des chouans de l’armée dite du Bas-Anjou et Haute-Bretagne, Angers, Lachèse et Cie, 1899, pp. 164-165, note - sur Palierne, voir Alfred Rouxeau, Un chef chouan du pays nantais ; Palierne, préface de Marcel Giraud-Mangin, Nantes, L. Durance, 1927 ; Abbé Bourdeaut,  Maumusson pendant la Révolution (...), Nantes, sd 1928. en 1799, l’armée dite de Haute-Bretagne sera commandée par D'Andigné et la troisième division de cette armée deviendra la 4e division, toujours commandée par Palierne.
   En 1814 un état des officiers royalistes qualifie Le Tertre - ainsi écrivait-on son nom des (et peut-être avant) la première Restauration - de lieutenant-colonel. Ce même document précisait que Le Tertre était cultivateur à Chemillé « peu aisé (et) chargé d'une nombreuse famille". Le Tertre demandait la "confirmation de son grade et une pension". Cette demande fut favorablement accueillie puisque le rédacteur de ce document précisait dans la colonne observation : “Bon officier, fort estimable, a fait toutes les guerres". (J. Crétineau-Joly, Histoire de la Vendée Militaire, édition nouvelle et illustrée (...) annotée et augmentée d'un 5e volume par le R.P. Jean-Emmanuel B. Drochon, Paris, maison de la Bonne-Presse, (réimpression, Paris Montpensier, 1973, p. 155).
Le préfet de Maine-et-Loire promit de s'occuper de l'aîné des enfants de Le Tertre. Le 2 novembre 1814, l'épouse de Le Tertre écrivait au préfet : "A la promesse, Monsieur le Comte, que vous avez eu la bonté de me faire lors de votre passage à la Sorinière, commune de Chemillé, de placer dans un lycée ou collège l'aîné de mes enfants âgé de 13 ans, étant en cinquième, je vous supplie humblement, Monsieur le Comte, de vouloir bien vous intéresser à moi". Le 26 novembre de la même année, elle insistait auprès du Préfet : 'Mère de quatre enfants en bas âge, étant sans fortune, je désirerai leur donner de l'éducation. J'ai l'honneur de vous prier, Monsieur le Comte, de vouloir bien vous intéresser à eux et leur faire obtenir des places gratuites dans une maison d'éducation, ce qui me récompenserai de mes services que j'ai rendu à l'humanité souffrante dans l'armée royale (...) J'ai la douce confiance Monsieur le Comte, en votre bonté".
   J'ignore si Le Tertre reprit les armes en 1815. Cependant, toujours en butte aux ennemis de la monarchie, sa maison fut pillée pendant les Cent-jours.
Le Tertre quitta l'agriculture pour devenir “vitrier et peintre en bâtiment", profession qu'il abandonna lorsque la monarchie lui accorda, comme "chef de bataillon retraité" une pension de 900 F (qu'il touchait déjà en 1821), “les décorations de Saint-Louis (23 octobre 1822) et de la Légion d'Honneur“ et, enfin, des lettres de Noblesse. ll cessa donc "son état de peintre vitrier pour vivre d'une manière conforme à sa nouvelle position dans la société ». Cependant, Le Tertre se trouva bientôt "réduit a des moyens d'existence vraiment insuffisants", malgré sa pension de 900 F et un revenu personnel de 120F.
   Le ménage Le Tertre – qui jouissait de « l'estime public » avait 4 enfants. En 1823, l'ainé des fils était militaire en activité de service (deux ans plus tard on le retrouvera tisserand), le cadet était “étudiant ecclésiastique à Beaupréau au compte de l’Évêque d'Angers. Les deux demoiselles (vivaient) avec leur père et (étaient) à sa charge".
   En 1825 la situation des Le Tertre était restée la même : "Cette famille est dans la gêne, écrivait un fonctionnaire, et la femme entrevoit un triste avenir, car son mari est d'une complexion qui tend à l'apoplexie qui le rend impropre à aucun travail". Ce fonctionnaire ajoutait : le mari "né cultivateur (...) n'a aucun métier" (on a vu plus haut pourquoi).
   Dès 1827 (et peut-être avant), l'Association Paternelle des Chevaliers de Saint-Louis accordait à Le Tertre une pension de 300 F (à cette date notre officier réclamait toujours l'augmentation de sa pension accordée par l'Etat).
   Jean Le Tertre et Perrine-Nicole-Marie Rochard eurent quatre enfants :
    - Olive-Marie Le Tertre, née à Chemillé le 11 fructidor an 7 - mercredi 28 aout 1799. Epousa à Chemillé, le 16 octobre 1851, Marie Humeau, marchand, 25 ans, né à La Pommeraye le 22 juin 1806, fils de Marie Humeau, aussi marchand, et de Louise Bossau (ou Bosseau), demeurant au bourg de La Pommeraye (présent au mariage : Pierre-Auguste Ruais, prêtre, desservant de la dite commune de La Pommeraye, trente ans, cousin de l'épouse). Olive-Marie Le Tertre mourut au bourg de La Pommeraye le 3 décembre 1850.
    -Victoire-Augustine Le Tertre, épouse de François Mathurin Tricoire, greffier du Tribunal civil de Beaupréau.
    - Sébastien-Jean Le Tertre, commerçant à Lyon en 1850.
    - Hippolyte Le Tertre, religieux à la Trappe, département de l'Orne (en 1850).

   Perrine-Nicole-Marie Rochard, propriétaire, 82 ans, mourut à Chemillé, quartier des halles, le 2 septembre 1847.
   Jean Le Tertre mourut à Beaupréau, auprès de son gendre Tricoire, le 18 avril 1850.

   Extrait de Paroisse et Soldats de l'armée vendéenne, par Dominique Lambert de la Douasnerie 
(2010, Angers, 1985, pp. 91 à 95 - reproduction interdite)

jeudi 21 novembre 2013

Ephéméride du 21 novembre 1793

   En outre-Loire, première bataille de Dol. Belle attitude de l'abbé Jacques-Louis Doussin, né et baptisé à Saint-Georges-des-Coteaux, près de Saintes, fils de Louis Doussin, Maître chirurgien, et de Marguerite Chéron.
   Jacques-Louis Doussin, prieur de Sainte-Marie-Isle-de-Ré, refusae le serment. Il rejoint la Vendée en 1792, et se joint aux "Brigands" au cours des premiers mois de l'insurrection. Il suivra l'armée dans son périple outre-Loire.
   A la bataille de Dol, l'abbé Doussin monta sur un tertre et éleva un crucifix pour arrêter les vendéens en fuite et les faire revenir au combat. Il leur cria : " Mes enfants, je marcherai à votre tête avec la croix ; que ceux qui veulent se battre se mettent à genoux, je vais donner l'absolution aux braves ".  Biblio – Bernard Sebileau, L'étonnant abbé Doussin. Héros de la Virée de Galerne. Prêtre de la Petite-Eglise, Saint-Hilaire de Riez, 1995.
   La première bataille dure sept heures. Une deuxième bataille, aussi meurtrière, a lieu dans la nuit du 21 au 22 novembre. Pour Chateaubriand, Dol est "la plus grande bataille qui se soit livrée entre les Français. C'est aussi la plus grande victoire gagnée par Henri de La Rochejaquelein, le généralissime de vingt ans.

mercredi 20 novembre 2013

Dimanche 19 janvier 2014 – Messe pour Louis XVI et des victimes de la Révolution

 

   Comme l'an dernier, la messe pour Louis XVI et des victimes de la Révolution, offerte par la Vendée Militaire, aura lieu à Chemillé, chapelle Saint-Joseph, (141, rue du Presbytère), le dimanche 19 janvier, à 10h30 (messe chantée). A 13h00 aura lieu un déjeuner au restaurant le Bignon, à Saint-Lambert-du-Lattay (37, rue de la Belle Angevinière), suivi d'une conférence de Dominique Lambert de La Douasnerie, président de l'association Vendée Militaire, sur le thème : La mort de Louis XVI et la Vendée. Pour tous renseignements : 02.41.39.25.36

Ephéméride du 20 novembre

   Le 20 novembre 1792

  * Aux Tuilleries, le serrurier Germain force la serrure de l'Armoire de fer.

   Le 20 novembre 1793

 * Une lettre datée de ce jour précise que Thouarcé (Maine-et-Loire) était "réduit en cendres."
 * Le curé-jureur de Roussay, l'abbé Deboueix, renonce, par une déclaration publique, à l'état ecclésiastique.
  * En outre-Loire, l'armée catholique et royale entre à Dol sans combattre.

dimanche 17 novembre 2013

Petits échos du temps de la Constitution civile du clergé

   Le mardi 15 novembre 1791, la municipalité de Montrevault dénonce au procureur syndic de Saint-Florent une procession d'environ 450 personnes arrivées à onze heures du matin à Montrevault. Cette procession est de Vallet et se dirige vers Saint-Laurent-de-la-Plaine. L'autorité municipale de Montrevault, s'étant transportée sur la place publique pour la voir passer, lui représente que son attroupement est contraire au décret. Avertie de se séparer, elle continue sa marche et son chant. Quelques-uns interpellés refusent de donner leurs noms ; un seul est reconnu, un cordonnier de Vallet, nommé Fleury-Durand.
   La municipalité de La Pommeraye dénonce le même jour une autre procession de 30 personnes venant du Mesnil, ayant deux porteurs de cierges à leur tête. On reconnaissait Bondu aîné, tonnelier, maître d'école du Mesnil, et oncle de l'abbé Cruon, curé réfractaire de la même paroisse ; Mompas, métayer aux Côteaux, du Mesnil. On avait déjà signalé comme "chefs de procession" Jean Brossay, meunier, et Jean Malinge, fermier de Vaugirault, ce dernier "parfaitement connu pour son zèle infatigable à porter un cierge d'une grosseur considérable".
   On venait de partout à Notre-Dame de Charité, en Saint-Laurent-de-la-Plaine, où la Vierge apparaissait dans un chêne. Catherine et Marie Oger, Perrine Boulestreau, et Mme Bourel, femme d'un médecin de Saint-Laurent-sur-Sèvre., furent témoins des apparitions. Le 18 novembre 1791, une religieuse de Saint-Laurent-sur-Sèvre, écrivait à une religieuse de Nantes :
   "Mardi dernier (15 novembre 1791), nous avons eu dans notre église un spectacle aussi édifiant qu'attendrissant. Nos voisins ont fait un cierge de dix pieds de haut et gros en proportion. Ce cierge a trois branches en l'honneur de la Sainte Trinité. Au milieu du cierge est un christ en cire et une vierge aux pieds du christ ; plusieurs rubans noirs sont attachés au cierge. Je leur ai demandé la raison de tout cela ; ils m'ont dit que c'était pour prouver le deuil qu'ils avaient dans le cœur des outrages faits à notre religion et aux bons prêtres."
    Le même jour à huit heures, "ils firent dire la messe dans notre église (...) Au commencement de la messe ils entrèrent au nombre de 500 personnes avec le cierge (...) A la fin de la messe, ils allèrent à l'entour du cimetière chantant les litanies de la sainte Vierge et des saints, et ils partirent à jeun".
    Ils partirent pour se rendre à six lieues, "où était la chapelle de la sainte Vierge, qu'on a démolie" [au matin du lundi 29 août 1791] "et où la sainte Vierge parait depuis plusieurs mois" [depuis la mi-septembre 1791] "dans un chêne, à cinq ou six pieds de l'emplacement de la chapelle". Les pèlerins arrivèrent à huit heures du soir. Ils firent leurs prières sur les ruines de la chapelle. "Les habitants du lieu vinrent les prier de passer la nuit chez eux. Les femmes y furent, et les hommes restèrent à passer la nuit au pied du chêne, mais il ne virent pas la sainte Vierge. Le matin [du 16 novembre] les femmes s'y rendirent. Trois processions y étaient arrivées, la nuit. Il y en avait une de 22 lieues, et ils avaient trois jours de marche. Tous se prosternèrent à terre, pleurant amèrement, ne voyant pas la sainte Vierge, mais seulement comme une étoile. Enfin, redoublant leurs prières, cette sainte Vierge leur apparut tenant son divin fils dans les bras. Elle se rendit visible à tous (...), M. Bourel, le médecin, vient de nous dire que son épouse y avait été et qu'elle avait vu sur le chêne une couronne d'étoiles pareilles à celles du firmament. Il connait deux prêtres qui y sont allés et qui ont vu la sainte Vierge, de la grandeur d'un pied et demi, et brillant comme un soleil".
   Cette lettre a été publiée intégralement par le R.P. Dom François Chamard dans, Les Origines et les responsabilités de l'insurrection vendéenne, Paris, 1899, pp.417 et 418.


samedi 16 novembre 2013

Un jeu de stratégie sur les guerres de Vendée

http://vaevictis.histoireetcollections.com/article/18290/encart-jeu-pour-dieu-et-pour-le-roy-notre-jeu-complet-avec-regles-cartes-et-planche-de-pions.html

  Vae Victis, la revue du jeu d'histoire tactique et stratégique (Histoire et Collections, 5 avenue de la République, 75 541 Paris Cedex 11 Tel: 01.40.21.18.20), propose toujours son excellent n°60 (janvier-février 2005) au prix de 7,5 €. Ce numéro contient un jeu complet en encart consacré aux guerres de Vendée : Pour Dieu et pour le Roy. Une bonne idée de cadeau pour Noël.

jeudi 14 novembre 2013

Très courts extraits du DVD en préparation de notre magnifique journée du 19 octobre 2013, en l'honneur de Sébastien Cady



Voici quelques courts extraits du DVD de notre belle journée du 19 octobre dernier à Saint-Laurent-de-la-Plaine,  en l'honneur de Sébastien Cady, colonel, chirurgien et poète de l'armée vendéenne.
 Au sommaire de ce DVD : Évocation de Dominique Lambert à la Chapelle Notre-Dame de Charité. La restauration de la tombe Cady, Inauguration de la plaque commémorative, offerte par la Vendée Militaire, sur la maison où mourut Sébastien Cady. Le déjeuner. La visite du Musée des Métiers par son président, Claude Perrault. 200e veillée vendéenne animée par Dominique Lambert sur le thème Sébastien Cady et ses compagnons dans la guerre de Vendée.
 On peut déjà réserver le DVD auprès de Bellavista 13, 13 Villa Bellevue, 75 019 Paris au prix de 18 euros port compris (chèque à l'ordre de Bellavista 13). Ce DVD sera disponible au mois de décembre.

mardi 12 novembre 2013

La fiancée de Sébastien-Jacques Cady voyait le jour, il y a 242 ans...


   Sébastien-Jacques Cady, célèbre chef vendéen de l'Anjou, n'avait jamais fait l'objet d'une biographie. C'est maintenant chose faite avec celle que lui consacre, en ce moment, Dominique Lambert. On sait que Sébastien Cady fut mis à l'honneur, le 19 octobre dernier, avec la magnifique journée que lui consacra la Vendée Militaire, la municipalité, le Musée des Métiers de Saint-Laurent-de-la-Plaine, sans oublier le Groupe de Recherche historique de la même commune. Hommage à la hauteur de l'homme valeureux qu'a été Sébastien Cady, chirurgien, colonel et chansonnier de l'armée vendéenne. 

Acte de baptême de Geneviève-Françoise Bouchet, le 13 novembre 1771.

   La biographie que termine maintenant Dominique Lambert contiendra de nombreuses informations inédites. L'une d'entre elles est de taille. Joseph Quesson est le neveu de feu Noël Quesson, ancien curé de la cathédrale d'Angers, et le descendant de nombreux soldats et martyrs de la cause vendéenne à Saint-Laurent-de-la-Plaine. Il se passionne pour la généalogie et l'histoire locale de Saint-Laurent. A la demande de Dominique Lambert, Joseph Quesson, par ailleurs organiste de sa paroisse, a bien voulu effectuer des compléments de recherches sur Cady. Ainsi il a retrouvé l'acte d'achat, par Sébastien Cady, d'une maison à La Jumellière, du temps où il était chirurgien de cette paroisse. On sait que Sébastien s'installera, en 1789, à Saint-Laurent, après la mort de de son frère, Charles, chirurgien et syndic de la même paroisse. Mais la plus importante trouvaille de Joseph Quesson – chapeau l'artiste ! – est la découverte de la « promesse » de mariage entre Sébastien Cady et Geneviève-Françoise Bouchet, fille d'un chirurgien de Beaupréau. Ce dernier, Guy Bouchet, fils d'Ambroise Bouchet, chirurgien et apothicaire, avait épousé le 23 janvier 1771, à Notre-Dame de Beaupréau, Françoise-Geneviève Lebrun, 26 ans, fille d'un riche tanneur et de Geneviève Pineau. Leur premier enfant naquit, à Notre-Dame de Beaurpéau, le 13 novembre 1771. Il s'agit de la future « promise » de Sébastien Cady. C'est le 11 juin 1792, en la maison de Guy Bouchet à Beaupréau, que fut rédigée et signée, la fameuse promesse de mariage entre Sébastien et Geneviève. Le promis avait dix-sept ans de plus que la promise. Cette « promesse » précisait : « Lequel dit sieur Cady et ladite demoiselle Bouchet, sous l'autorité dudit sieur Bouchet, son père, se sont promis la foy du mariage et d'iceluy solenniser en face de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, tous empêchements légitimes et canoniques cessants ». Le mariage devant l'église n'a jamais eu lieu. Probablement reporté en raison de la situation de l'église – on imagine mal, en effet, Sébastien Cady se mariant devant un prêtre constitutionnel – puis ajourné de nouveau en raison de la guerre à laquelle prirent part les familles Cady et Bouchet. On sait que Louis-Marie Cady – frère de Sébastien – vivait à Beaupréau depuis son mariage, en 1787, avec Marie Doly (fille d'une future béatifiée), nièce des frères Gruget – les curés de Saint-Florent-le-Vieil, du Fief-Sauvin et de la Trinité d'Angers, ce dernier, Simon-Jean Gruget, est le grand témoin de la Révolution en Anjou –, c'est probablement lui ou sa femme, qui fit se rencontrer Sébastien et Geneviève. Cette dernière était aussi parente des Gruget.
   Comme son père, Geneviève Bouchet était chirurgienne. D'autres femmes, à la même époque, exerçaient cette profession : Michelle-Claudine Cahoreau est dite « chirurgienne-pharmacienne » au Bourg d'Iré; une Cady, de Rochefort-sur-Loire est aussi qualifiée de chirurgienne, etc.

anglaise ne fait pas apparaître la chemise rouge des paricide qu'elle portait.
La Guillotine sous la Terreur.

   Accusée d'avoir promis « 15 sols et une bouteille de vin par tête de bleu qu'on lui rapporterait », elle fut arrêtée, le 8 janvier 1794. Elle subira son premier interrogatoire devant le Comité révolutionnaire de Cholet, par les soins de l'un de ses membres, Jacques Macé. Elle déclare notamment qu'elle a soigné les blessés républicains à l'hôpital de Beaupréau – où son père avait été placé comme chirurgien par les chefs de l'insurrection – « avec douceur et humanité ». Elle ajoute : « J'ai traité les malades et les blessés républicains pendant tout le temps qu'ils ont été à Beaupréau, et j'en ai retiré deux chez moi l'espace de cinq semaines ». Elle n'a pas suivi l'armée catholique et royale en outre-Loire. Lorsqu’on lui demande : « Connaissez-vous les chefs des brigands et les bons prêtres ? » Elle répond : « Je connaissais le général d’Elbée, Cady, de Beaupréau, et celui de Saint-Laurent-de-la-Plaine, Rigault, Stofflet, La Rochejaquelein, Cathelineau, Gasnier, chanoine, Brevet, chanoine, Gabriel, évêque soi-disant d’Agra » – la supercherie de « Mgr d’Agra » était donc déjà connue au début du mois de janvier 1794 à Beaupréau – « Clambart, curé de Saint-Martin, Poirier et Tessier, ses vicaires ». Elle dit que son frère a été à l’armée des brigands, qu’il a « participé à des batailles, mais (qu’il) était forcé par les brigands ». Il était « simplement soldat et il allait à pied ». Elle donne les noms des membres du Comité royaliste de Beaupréau : Bouchet, procureur, Fournier, marchand, Charon, marchand, Godin, marchand, Bonnet, marchand, et deux prêtres d’Angers qui demeuraient au château avec deux religieuses du Ronceray. Elle oublie – volontairement ? – Louis-Marie Cady.
Transférée à Angers, le 15 janvier, en même temps que Mme Turpault (future béatifiée), elle fut conduite, le 20 janvier 1794, devant la Commission militaire qui siégeait dans l’église des Jacobins. Le président Félix lui demanda si elle était mariée. Elle répondit simplement non. Elle déclare – car elle cherche à sauver sa vie – qu’elle est « bonne républicaine ». Elle dit qu’elle connaissait bien d’Elbée, « étant d’un pays voisin du sien ». 
   Dans la soirée du 20 janvier, veille de la messe du Bout de l’an de Louis XVI, Geneviève montait à l’échafaud place du ralliement. Sébastien Cady restera célibataire toute sa vie, ce qui est connu de tout le monde. Il fut donc l’homme de toutes les fidélités : A Dieu, au Roi, à son pays, à ses amis, à sa « promise » Geneviève-Françoise Bouchet.

                                                                                 

Ceux qui désirent se procurer l’ouvrage sur Cady peuvent prendre contact avec la Vendée Militaire. Toujours disponible, Les compagnons de Sébastien Cady par Sophie Lambert.

mercredi 6 novembre 2013

Un passionnant roman pour les longues soirées d'hiver

Fortuné du Boisgobey,  L’Enragé

Fortuné Hippolyte Auguste Abraham-Dubois, dit Fortuné du Boisgobey, né à Granville le 11 septembre 1821 et mort en février 1891 à Paris, est un auteur français de romans judiciaires et policiers ("Le Pouce Crochu" , "Le Crime de l'Omnibus" , "Le Collier d'Acier"….), mais aussi d'intéressants romans historiques ("Le demi-Monde sous la Terreur", Les Collets Noirs" …), ainsi que quelques récits de voyage ("Du Rhin au Nil" ). Au total plus de 80 titres.



A qui vont échoir les 900 000 livres de Marie-Rose Hérel, la Marquise de Carolles, qui vient de mourir, veuve et sans héritier, en son hôtel de la rue Saint-Jean, dans la Granville de la fin 1793 ? Encore faudrait-il qu’on sache où elle a pu cacher pareille somme, se demandent les trois cousins assemblés à son chevet, qui ignorent tout du mystérieux passé de celle dont ils convoitent l’héritage. Le secret du trésor de Marie-Rose est enfoui dans un scapulaire de drap rouge, noué autour du cou de la morte. Il sera remis la nuit même du décès, selon les dernières volontés de la défunte, à une personne qui par malheur, en ignore le contenu... Ce fabuleux testament va devenir l’enjeu d’une ahurissante course-poursuite dans laquelle sont impliqués Denise, jeune brigande vendéenne, l’officier d’artillerie républicain René la Briantais, chargé de défendre Granville assiégée, le comte Guy de Paramé, soldat royaliste au service du général Henri de La Rochejaquelein, et Thomas Laîné, un ardent sans-culotte, président du club révolutionnaire de Granville. Une trépidante histoire d’honneur, d’amitié virile et de cupidité sordide, va se développer dans une trame historique mouvementée, celle des combats impitoyables qui opposent, dans tout l’Ouest de la France, les Chouans, paysans courageux au service de Dieu et du Roi, aux « Bleus » envoyés par la Convention pour défendre la République.


Jetée aux mains des « Bleus » par la course folle de son cheval,ou par un sentiment secret qu’elle n’ose s’avouer, la jeune Vendéenne Denise court désormais un danger mortel. C’est la guillotine qui attend les ennemis déclarés de la République, à moins qu’ils ne périssent noyés dans la Loire par les ignobles sicaires de Carrier, tout-puissant représentant en mission, envoyé à Nantes pour y mater, à sa façon, l’insurrection des « brigands ». Mais l’infâme Thomas Laîné, révolutionnaire sans scrupule, aimerait d’abord extorquer à Denise le secret du million de la Marquise de Carolle. Pour cela, rien de tel qu’un chantage sordide : la vie sauve pour la jeune fille, contre la révélation de l’emplacement du trésor, et l’abandon à son profit de tout ou partie des droits de succession. L'issue semble inéluctable, d’autant qu’un insolent destin a éliminé ses concurrents dans la course à la fortune. C’est sans compter sur l’intervention de deux ennemis que tout devrait opposer, pourtant liés par une estime réciproque et un respect complice : le fougueux Marigny, qui commande l’artillerie vendéenne, et son alter ego républicain, René La Briantais. Portés par des motivations croisées, ils vont tout faire pour sauver la jeune fille, et avec elle son compagnon de jeunesse, le jeune et chevaleresque Guy de Paramé. Thomas Laîné planifie avec un sang-froid consommé une machination implacable, passant par un sauvetage compliqué, doublé d’une trahison lucrative. Mais la malchance va s’en mêler, et des moments bien difficiles l’attendent, avant de pouvoir jouir enfin du triomphe qu’il mérite.

lundi 21 octobre 2013

LES TRES RICHES HEURES DE SAINT LAURENT DE LA PLAINE

En cette belle journée du 19 octobre 2013...

le président conte l'histoire édifiante de la chapelle de la Charité


l'étendard des Carlistes



notre gerbe pour honorer la chapelle de la Charité

au cimetière devant la tombe de Sébastien Cady, rénovée par ces jeunes garçons

sur la tombe de Sébastien Cady

l'un des piliers de la tombe est offert à Dominique Lambert


déjeuner au restaurant l'Arc en ciel
parmi les convives : le Président, Madame Turpault, M Maréchal, M de Brugière

le vin d'honneur de la mairie au Musée des Vieux Métiers

Dominique Lambert présente nos amis carlistes

Le Président et deux descendantes de la famille Cady

la belle plaque apposée sur le mur de la maison où mourut Cady

Que la 200e veillée vendéenne commence !

Dominique Lambert conte en détail  la vie passionnante de Cady : "le souvenir c'est une cendre qui ne s'éteint pas"

Chant surprise à l'intention de Dominique Lambert dans l'esprit chansonnier de Sébastien Cady, sur l'air de la romance de Marie Antoinette

la virée de Galerne contée par deux valeureux Vendéens (les frères Quesson)


M. Maréchal évoque la vie et l’œuvre du Président avant de lui remettre en compagnie de Nicole Stevens, de Jean Pivert et d'Arnaud de Cambourg, la surprise...

Il s'agit de la première édition de l'ouvrage de Crétineau-Joly/Drochon,

"j'en ai révé pendant 40 ans, merci ...."

 illustrés par Antoine de Cambourg, aïeul de notre Président d'Honneur, le vicomte Arnaud de Cambourg
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dans quelques jours d'autres photos seront disponibles pour notre plaisir et pour nous souvenir