Le 21 avril 2017, à 20h45 conférence de Dominique Lambert de La Douasnerie à Paris (Centre Bergère, 9, rue bergère - Paris IX), sur le thème: Le général Bonchamps. Sa vie et sa grâce aux prisonniers républicains. Entrée libre.

vendredi 30 novembre 2012

Les Veillées vendéennes

« A l’écoute de Dominique Lambert, j’ai toujours eu l’impression d’assister à une veillée du temps de la Restauration quand les anciens, le soir au coin du feu, racontaient la grand’guerre. Il me semble qu’il parle comme un acteur du drame… » Ces paroles recueillies lors d’une Veillée vendéenne résument à elles seules l’esprit de ces soirées qui perpétuent de paroisse en paroisse la transmission des traditions orales. 

Image de la 197e Veillée vendéenne à La Jumellière, le samedi 20 octobre 2012
« Pour recueillir tous ces témoignages, j’ai commencé il y a de cela trente ans, j’avais vingt ans ! – parcourir le vieux pays dans tous les sens, raconte Dominique Lambert de La Douasnerie dans l’introduction de ses Souvenirs de l’épopée vendéenne. Je crois que je connais l’histoire de chaque croix de carrefour de la Vendée Militaire, poursuit-il. J’allais frapper à la porte des anciens dont on m’avait dit qu’ils connaissaient les vieux dires. Eux-mêmes avaient entendu raconter la grand’guerre par leurs grands-parents, lesquels avaient parlé avec une telle conviction que mes témoins me disaient parfois : J’ai vu dire… A tel point que je me demandais s’ils ne croyaient pas avoir vu les événements qu’ils me racontaient. J’écoutais, un crayon et un carnet de notes sur la table, ici un châtelain, là un vieux curé de paroisse, plus loin un métayer qui en savait long. Cette enquête était passionnante, mais elle avait le défaut d’être lente. C’est pourquoi j’ai créé les Veillées vendéennes. Elles permettent de réunir le maximum de personnes intéressées par l’histoire de leur localité, possesseur ou non de traditions orales. »

« A une veillée, c’est une femme qui lui dit que sa mère avait connu Jeanne la mancote (manchote), cette petite fille qu’un soldat républicain de 1794 avait épargnée en ne lui tranchant qu’un poignet, afin qu’elle se souvienne. Elle avait vécu de petits métiers, on en avait une photographie prise devant l’église de sa paroisse. Il ne restait plus qu’à trouver le dossier de demande de pension et à lui rendre son nom… »

A l’instar d’Henri Bourgeois, directeur de la revue La Vendée historique au début du XXe siècle, Dominique Lambert de La Douasnerie poursuit encore aujourd’hui cette quête d’anecdotes en parcourant inlassablement ce vieux pays qu’il aime tant, pour transmettre à ses habitants la mémoire de leurs anciens. La prochaine étape aura lieu à Nuaillé, dans la Salle Chouteau, près de l'église, le vendredi 8 mars 2013 à partir de 20h30.

La carte ci-dessous localise les Veillées vendéennes animées depuis 1976, principalement dans les Mauges, sur la base de la liste établie par Wilfrid Paquiet dans la revue Savoir n°59 (décembre 2001). Elle sera complétée et mise à jour pour les Veillées de la décennie suivante.
   

Afficher Veillées vendéennes sur une carte plus grande

mercredi 28 novembre 2012

La tombe de la famille de Caqueray à La Jumellière

Parmi les visites de notre dernière journée vendéenne à La Jumellière, l'étape du cimetière fut marquée par l'allocution du général de Caqueray sur l'histoire de sa famille, dont la tombe, restaurée par des bénévoles de l'association Vendée Militaire, a retrouvé tout son lustre. 

La tombe de la famille de Caqueray après restauration
(en médaillon, le portrait de Frédéric Joseph de Caqueray de Valolive)

La tombe avant restauration
Cette tombe renferme les restes de Frédéric Joseph de Caqueray de Valolive, dit le chevalier de Caqueray, veuf de Madame Euphémie Béritault de La Contrie, chevalier de saint-Louis, ancien officier supérieur dans les armées vendéennes (campagne de 1815), ancien député de Maine-et-Loire, né le 14 décembre 1771, décédé en son hôtel à Angers, le 11 février 1845 ; d’Euphémie Béritault de La Contrie, née le 25 décembre 1790, décédée le 10 octobre 1818 ; de Marie Pauline Louise Hay des Nétumières, comtesse de Caqueray de Valolive, décédée le 31 décembre 1891, âgée de 80 ans ; de Béatrice Pauline Marie de Caqueray de Valolive, née le 17 janvier 1847 ; et de Raoul Frédéric Marie, comte de Caqueray de Valolive, ancien zouave pontifical (comme son frère Georges), décédé le 8 octobre 1900 à l’âge de 60 ans. Autant dire que nous avions là tout un pan d'histoire vendéenne que le prochain numéro de la revue Savoir nous relatera en détails…

mardi 27 novembre 2012

Plaques et Monuments – Le château de Vezins

L'inventaire des Plaques et Monuments de Vendée Militaire s'enrichit petit à petit depuis la mise en ligne du blog. Nouvelle image aujourd'hui, celle du château de Vezins, où l'association a évoqué le 20 août 2000 le séjour de la Duchesse de Berry en ces lieux, le 7 juillet 1828.




samedi 24 novembre 2012

La Journée vendéenne de La Jumellière en DVD

Le DVD vient de sortir ! Revivez chez vous l'intégralité de la Journée du 20 octobre dernier, en hommage au chanoine François Uzureau…


Au menu : l'inauguration de la plaque commémorative à la mémoire du chanoine François Uzureau, le vin d'honneur à la mairie de La Jumellière, la visite commentée au cimetière des tombes du chanoine Uzureau et de la famille de Cacqueray, et la Veillée vendéenne animée par Dominique Lambert de La Douasnerie sur le thème de La Jumellière au temps des Guerres de Vendée

Le DVD est disponible au pris de 18 euros (port inclus) auprès de Bellavista 13 (13 Villa Bellevue 75019 Paris), à commander par courrier (chèque à l'ordre de Bellavista 13).

mardi 20 novembre 2012

22 septembre 1996, la Vendée Militaire au Fief-Sauvin

Unique en France, le monument aux morts du Fief-Sauvin offre la particularité de porter une statue de Vendéen répondant au Poilu de 14-18 comme un écho aux sacrifices des enfants du pays, d’une Grande Guerre à l’autre. Vendée Militaire y a marqué d’une plaque sa journée d’hommage à cette paroisse vendéenne, le 22 septembre 1996. 

Le monument aux morts du Fief-Sauvin
Commencé par une messe célébrée par l’abbé Auger dans l’ancienne église Notre-Dame – démolie l’année suivante – ce dimanche de commémoration s’est poursuivi autour du monument aux morts sur lequel le maire de la commune, Jean-Marie Reveau, dévoila la plaque « à la mémoire des habitants du Fief-Sauvin morts pour la défense de leur foi ». Dominique Lambert de La Douasnerie relata ensuite l’historique du lieu. 

Ce monument érigé sur les fondations d’un ancien moulin à vent, le Moulin Drouet, fut inauguré en 1923. La famille Lallemand, propriétaire du terrain, en avait fait don à la municipalité, sous réserve qu’un combattant vendéen figurât aux côtés d’un soldat de 14-18. Il faut dire que la Révolution fit un grand nombre de victimes parmi les ancêtres de cette famille sauvinoise. Ces dernières comptent parmi les 350 recensées au sein du martyrologe de la paroisse. 

Après le déjeuner, la soixantaine de participants a entamé un périple à travers les lieux de mémoire du Fief-Sauvin, captivée par les récits hauts en couleurs de Dominique Lambert de La Douasnerie, fin connaisseur de l’histoire locale. C’est ici, en effet, qu’il avait organisé sa toute première Veillée vendéenne, en novembre 1976. 


La première étape, à l’église, fut l’occasion d’évoquer la situation de la paroisse à la veille de la Révolution, la Constitution civile du clergé, la vie clandestine de l’abbé Laurent Gruget caché dans les fermes pour échapper aux persécutions, et l’insurrection de mars 1793 au Fief-Sauvin. 

Un deuxième arrêt au monument au mort permis d’expliquer la formation des compagnies de la paroisse, placées sous les ordres de Bonchamps. Non loin de là, sur le chemin de la Bérangerie, seize membres de la famille Colombier furent massacrés en 1794. 

Le Vendéen sur le monument aux morts
du Fief-Sauvin
Passée la Godinière, où naquit un commissaire aux vivres de Bonchamps, le groupe s’est porté vers les méandres de l’Evre, dont les coteaux pittoresques ont été le théâtre d’un effroyable drame, le 1er février 1794. Ce matin-là, les Bleus ont franchi le gué sur l’Evre à Guicholet, après avoir perpétré un massacre sur l’autre rive, à Chillou. Les coups de feu jettent l’alarme à la ferme de la Chévrie, située près de la route qui mène les soldats vers le bourg du Fief-Sauvin. Toute la famille Audouin s’enfuit vers un refuge dans le coteau du Céleron, un abri sous roche caché par d’épais fourrés, priant pour que les « chasseurs » et leurs chiens ne parviennent pas à franchir les rideaux de ronces. Sa supplique sera exaucée. D’autres n’auront pas la même chance… 

Car au loin résonnent les jurons des soldats poussant devant eux les malheureux tombés entre leurs mains, jusqu’au sommet d’un rocher d’où ils les précipitent dans une eau glacée. Les mêmes cris d’effroi éclatent sur l’autre berge, au bois du Vigneau, où la traque des Bleus jette de nouvelles victimes au fond de l’Evre, des habitants du Fief-Sauvin et de Saint-Martin de Beaupréau qui pensaient trouver là un asile sûr. Leurs corps charriés par l’eau rougie de sang viendront s’amasser en aval contre la chaussée du Moulin Neuf. 

Carte des lieux cités dans l'article
Ce grand massacre et la destruction du bourg par les Colonnes infernales sont restés dans les mémoires grâce aux témoignages des survivants, transmis dans les familles, de génération en génération, et préservés aujourd’hui par des journées de commémoration comme celle-ci.

lundi 19 novembre 2012

Lettre de l'évêque d'Angers à l'association Vendée Militaire


Chers amis,


En ce 20 octobre 2012, réunis comme chaque année pour une journée de mémoire, vous faites revivre à La Jumellière le souvenir du Chanoine François Uzureau, bien connu dans notre diocèse d’Angers pour son beau ministère de prêtre (il fut aumônier de la prison pendant 46 ans) et son important travail d’historien, particulièrement sur les guerres de Vendée.

Dans la Semaine Religieuse (n° de 1949), on note que François Uzureau prit très tôt « le goût de la recherche et du document » et l’on souligne « son entière impartialité » dans son œuvre d’historien. On voit en lui « une belle physionomie de prêtre et de chercheur, qui mérite de vivre dans le souvenir de ceux qui l’ont connu, et de ceux qui ont mis à profit les richesses de son érudition ».

« Les peuples sans mémoire sont des peuples sans avenir. La vitalité de la mémoire est la condition de tout progrès humain. » (Mgr J. J. Bruguès, Actes de la Conférence internationale pour l’Education catholique, juillet 2009) Je souhaite que cette journée centrée sur notre riche histoire régionale soit propice à la réflexion. L’enseignement de la mémoire doit contribuer à rendre l’homme toujours plus humain.


Angers, le 2 octobre 2012
Emmanuel Delmas, évêque d’Angers

vendredi 16 novembre 2012

Andrezé, premier numéro des « Paroisses et Soldats de l’Armée vendéenne »

Vendée Militaire était encore une toute jeune association lorsque Dominique Lambert de la Douasnerie se lança dans la rédaction d'une nouvelle collection de monographies sur les paroisses vendéennes. Et c’est Andrezé qui inaugura ce long travail de recherches.  

Le projet s'est fait jour dès les premières années, dans la foulée des Veillées vendéennes organisées à travers les Mauges. Chacun de ces événements se préparait en archives afin de rassembler les informations sur l’histoire locale, puis de les confronter à la tradition orale si précieuse pour renouer le fil du temps.

Les chroniques, et les Veillées vendéennes qui les enrichissaient de nouveaux souvenirs collectés à cette occasion, ont naturellement conduit Dominique Lambert de la Douasnerie à les coucher par écrit pour préserver cette mémoire fragile. 

Le premier de ces cahiers des Paroisses et Soldats de l’Armée vendéenne, consacré à Andrezé, renoue avec les récits des Veillées. Il nous replonge dans ce vieux bocage impénétrable, ses landes, ses jachères, ses champs clos, ses étroits chemins percés de fondrières, ses bourgs animés où se côtoient le paysan et le tisserand. Il nous raconte les débuts de la Révolution, le grand hiver 1788-1789, les échos des premières réformes, la dérive d’un pouvoir livré aux délires des factions, et bientôt la grande insurrection vendéenne dressée contre la tyrannie. Il égrène le triste martyrologe de la paroisse (pages 42-43), mais aussi la liste des combattants (pages 63-85), ces valeureux gars des Mauges qui, à l’instar du Paysan vendéen de Chateaubriand (reproduit en pages 60-62), peuplent le Livre d’Or des Géants de la Vendée. 

D'année en année de nouveaux cahiers ont complété cette collection, offrant à la Vendée Angevine une incomparable documentation historique, et à ses paroisses la sauvegarde de leur mémoire.

samedi 10 novembre 2012

La Jumellière au temps des Guerres de Vendée

Présenté lors de la journée vendéenne du 20 octobre dernier, le Recueil de textes sur La Jumellière et les environs est disponible auprès de Vendée Militaire, au prix de 33 € (port inclus). 

Cet ouvrage rassemble quatre textes :
  
Les batailleurs de La Jumellière, par Dominique Lambert de La Douasnerie ;
  
– Les articles du chanoine Uzureau sur La Jumellière, sa paroisse natale, suivis de notes biographiques sur leur auteur, rédigés par Jacques Levron et H. Chevalier ;
  
Le « Grand Choc de Chemillé » et le pardon de M. d'Elbée, par Dominique Lambert de La Douasnerie ;
  
Notes et récits pour servir à l'histoire des guerres de Vendée, les débuts de l'insurrection à Chemillé, par Henri Baguenier Desormeaux.

Recueil de textes sur La Jumellière et les environs
14,8 x 21 cm, 235 pages, 33,00 € (port inclus)

vendredi 9 novembre 2012

18 avril 1794, Vendredi Saint sanglant à La Chapelle-du-Genêt

A la sortie du bourg de La Chapelle-du-Genêt, sur la route de Saint-Philbert-en-Mauges, une croix de granit arbore une plaque d’ardoise posée à la mémoire Marie-Catherine Gaultier et Pierre Moreau, fusillés à Avrillé, et des habitants de la paroisse « massacrés en haine de la foi ». Plusieurs de ces martyrs succombèrent lors du passage des Bleus, le 18 avril 1794. 

La Croix des Martyrs, aussi appelée Croix Deniau

A cette date, jour du Vendredi Saint, treize personnes furent surprises et massacrées par des soldats républicains à La Chapelle-du-Genêt. Parmi elles se trouvaient Jeanne Lantier, veuve Mondain, âgée de 36 ans, et quatre de ses cinq enfants. Le récit de cette tuerie a été collecté auprès de témoins oculaires par l’abbé Félix Deniau qui l’a reproduit dans son Histoire de la Guerre de la Vendée

Plaque posée par Vendée Militaire
le 17 avril 1994
Mme Mondain, qui habitait ce dernier bourg [La Chapelle-du-Genêt], venait de le quitter avec ses six petits enfants dont le plus grand n’avait que 9 ans ; elle s’acheminait vers le moulin du Pont, lorsque deux Bleus, détachés de leur corps, tombent sur elle, et la somment, pour conserver sa vie, de leur livrer ses bijoux ; elle s’exécute, mais les féroces soldats, non satisfaits de l’avoir dépouillée, lui disent : « Maintenant que tu n’as plus rien, brigande, tu vas mourir » et aussitôt ils la frappent à coups de sabre, lancent en l’air ses plus petits enfants, les reçoivent sur la pointe de leurs baïonnettes et transpercent les plus grands. Quand ils croient que ces enfants n’ont plus de vie, ils donnent le coup de grâce à la pauvre mère que, par un raffinement de cruauté, ils font mourir la dernière. 

Après leur départ, les jeunes Raimbault et Poilâne, âgés de 12 ans, cachés dans les branches d’un chêne voisin et qui avaient été témoins de ce massacre, accourent près des victimes et trouvent respirant encore l’un des garçons et l’une des petites filles. Ils les transportent à la Fallette, métairie voisine, où les demoiselles Langlois leur prodiguent les soins les plus empressés. Le petit garçon qui avait la poitrine blessée de sept coups de baïonnettes guérit de ses blessures ; mais la petite fille succomba. 

L'église de La Chapelle-du-Genêt,
si typique des Mauges,
et dont les parties les plus anciennes
remontent au XVIe siècle
Les faits ont été rapportés par les deux jeunes témoins, Raimbault et Poilâne, mais aussi par Martin Goubault, laboureur de La Chapelle, qui arriva sur les lieux après le drame. 



L’enfant survivant s’appelait François Mondain. Il était né à La Chapelle-du-Genêt le 19 septembre 1792. Son père, René Mondain, prit les armes au début du soulèvement et mourut à la fin de l’année 1793. François participera quant à lui au soulèvement de 1815, dans l’armée commandée par d’Autichamp. 

Sources :  
Deniau (abbé Félix), Histoire de la Guerre de la Vendée, tome III, p. 82, note 3. Cet événement ajouté en note a été situé par erreur en octobre 1793. 
Paroisses et soldats de l’armée vendéenne, XXIII, La Chapelle-du-Genêt, édité par Vendée Militaire, Angers, 1994, pp. 38-40 (avec la reproduction de la demande de pension de François Mondain).